Des poèmes et des chats

Le chat dans tous ses états et des poèmes.

lundi 23 novembre

Le temps des cerises

Quand nous en serons au temps des cerises,
Et gai rossignol et merle moqueur
     Seront tous en fête.
Les belles auront la folie en tête
Et les amoureux du soleil au coeur.
Quand nous en serons au temps des cerises,
Sifflera bien mieux le merle moqueur.

Mais il est bien court le temps des cerises,
Où l'on s'en va deux cueillir en rêvant
     Des pendants d'oreilles,
Cerises d'amour aux robes pareilles
Tombant sous la feuille en gouttes de sang.
Mais il est bien court le temps des cerises,
Pendants corail qu'on cueille en rêvant.

Quand vous en serez au temps des cerises,
Si vous avez peur des chagrins d'amour
     Évitez les belles.
Moi qui ne crains pas les peines cruelles,
Je ne vivrai pas sans souffrir un jour.
Quand vous en serez au temps des cerises,
Vous aurez aussi des chagrins d'amour.

J'aimerai toujours le temps des cerises :
C'est de ce temps-là que je garde au coeur
     Une plaie ouverte,
Et dame Fortune, en m'étant offerte,
Ne saurait jamais calmer ma douleur.
J'aimerai toujours le temps des cerises
Et le souvenir que je garde au coeur.

Jean-Baptiste CLEMENT - Paris-Monmartre, 1886

cerise

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mardi 17 novembre

L'oiseau chanteur

Je suis en pays de France
Dans une chambre, esseulé,
Un arbre se trouve ne face
Que hante un oiseau chanteur.

La nuit, le jour il module
Et sans jamais s'arrêter.
Il chante au long de l'année
Sur un seul thème : ma mère.

C'est elle qui l'en a chargé
Lui confiant un message
Disant : "Tu es oublieux de nous
Gavés de peines, d'ennuis".

Oiseau, cesse de chanter
Et t'envoles vers le pays
Et dis à ma tendre mère
Comme je brûle de repartir.

Poème Kabyle (anonyme)

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vendredi 13 novembre

Belle France

France ! ô belle contrée, ô terre généreuse,
Que les dieux complaisants formaient pour être heureuse,
Tu ne sens point du Nord les glaçantes horreurs ;
Le Midi de ses feux t'épargne les fureurs.
Tes arbres innocents n'ont point d'ombres mortelles,
Ni des poisons épars dans tes herbes nouvelles
Ne trompent une main crédule ; ni tes bois
Des tigres frémissants ne redoutent ta voix ;
Ni les vastes serpents ne traînent sur tes plantes
En longs cercles hideux leurs écailles sonnantes.
Les chênes, les sapins et les ormes épais
En utiles rameaux ombragent tes sommets,
Et de Beaune et l'Aï les rives fortunées,
Et la riche Aquitaine, et les hautes Pyrénées
Sous leurs bruyants pressoirs font couler en ruisseaux
Des vins délicieux mûris sur tes coteaux.
La Provence odorante et de Zéphire aimée
Respire sur les mers une haleine embaumée,
Au bord des flots couvrant, délicieux trésor,
L'orange et le citron de leur tunique d'or,
Et, plus loin, au penchant des collines pierreuses,
Forme la grasse olive aux liqueurs savoureuses,
Et ces réseaux légers, diaphanes habits,
Où la fraîche grenade enferme ses rubis.
Dans les fertiles champs voisins de la Touraine
Dans ceux où l'Océan boit l'urne de la Seine,
S'élèvent pour le frein des coursiers belliqueux.
Ajoutez cet amas de fleuves tortueux :
L'indomptable Garonne aux vagues insensées,
Le Rhône impétueux, fils des Alpes glacées,
La Seine au flot royal, la Loire dans son sein
Incertaine, et la Saône, et mille autres enfin,
Qui nourrissent partout, sur tes nobles rivages,
Fleurs, moissons et vergers, et bois et pâturages,
Rampent au pied des murs d'opulentes cités,
Sous les arches de pierre à grand bruit emportés.

André CHENIER

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mercredi 11 novembre

Le danseur de corde et le balancier

Sur la corde tendue, un jeune voltigeur
Apprenait à danser, et déjà son adresse,
Ses tours de force, de souplesse,
Faisaient venir maint spectateur.
Sur son étroit chemin, on le voit qui s'avance,
Le balancier en main, l'air libre, le corps droit,
Hardi, léger, autant qu'adroit.
Il s'élève, il descend, va et vient, plus haut s'élance,
Retombe, remonte en cadence ;
Et, semblable à certains oiseaux
Qui rasent en volant la surface des eaux,
Son pied touche, sans qu'on le voie,
A la corde qui plie et dans l'air le renvoie.
Notre jeune danseur, tout fier de son talent,
Dit un jour : "A quoi bon ce balancier pesant
Qui me fatigue et m'embarrasse ?
Si je dansais sans lui, j'aurais bien plus de grâce,
De force et de légèreté."
Aussitôt fait que dit. Le balancier jeté,
Notre étourdi chancelle, étend le bras et tombe.
Il se casse le nez et tout le monde en rit.
Jeunes gens, jeunes gens, ne vous a-t-on pas dit
Que sans règle et sans frein, tôt ou tard, on succombe ?
La vertu, la raison, les lois, l'autorité,
Dans vos désirs fougueux vous causent quelque peine ;
C'est le balancier qui vous gêne ;
Mais qui fait votre sûreté.

FLORIAN

funambule1

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lundi 09 novembre

Quand cet homme est venu...

Quand cet homme est venu, je n'ai pas demandé
Pour quel amour battait le coeur de sa poitrine ;
Je ne l'ai pas interrogé sur sa doctrine
En matière de culte ou de gouvernement :
Simplement, le plus simplement
Du monde, j'ai regardé
Ses yeux et le pli de sa bouche ;
Alors il m'a souri d'une façon très douce,
Et nous sommes allés nous promener dans l'herbe
En face du vaste horizon.

Les splendeurs de la saison,
Le long frisson du vent sous les rameaux superbes,
La touchante beauté des choses,
Sans contrainte, sans vaines gloses
Ont mis nos coeurs à l'unisson,
Et nous sentant meilleurs tout à coup, laissant geindre
Au repaire ses hommes-loups,
La rancoeur, l'envie et la fièvre,
Nous avons échangé au souffle de nos lèvres
Ce mot sacré : Ami !
Qui est plus beau que tout.

Philéas LEBESGUE

mains

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jeudi 05 novembre

La mère... Le père...

La mère est ce qu'il y a de patient et de fidèle et de tout
près et de toujours pareil et de toujours présent.
C'est toujours la même figure attentive, et c'est toujours,
sous son regard, le même enfant,
Qui sait que tout lui appartient sans pitié et qui vous
trépigne de ses deux pieds sur le ventre.
Mais le père est ce qui n'est jamais là, il sorte l'on ne
sait jamais au juste quand il rentre,
L'hôte aux rares paroles du repas que le journal dès
qu'il a quitté la table réengloutit :
Un bonjour, un bonsoir distraits, une ou deux questions
de temps en temps, une explication difficile et pas finie,
Puis subitement parfois quelques jeux violents et courts
et l'intervention terrifiante de ce gros camarade.
Et cependant c'est bon, cette grosse main quand on ne
sait plus au juste où l'on est, qui vous prend, ou sur
le front cette caresse furtive lorsque l'on est malade.

Paul CLAUDEL

esfod7p6

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lundi 02 novembre

Ballade des pendus

Sur ses larges bras étendus,
La forêt où s'éveille Flore,
A des chapelets de pendus
Que le matin caresse et dore.
Ce bois sombre, où le chêne arbore
Des grappes de fruits inouïs
Même chez le Turc et le More,
C'est le verger du roi Louis.

Tous ces pauvres gens morfondus
Roulant des pensers qu'on ignore,
Dans les tourbillons éperdus
Voltigent, palpitants encore.
Le soleil levant les dévore.
Regardez-les, cieux éblouis,
Danser dans les feux de l'aurore.
C'est le verger du roi Louis.

Ces pendus, du diable entendus,
Appellent des pendus encore.
Tandis qu'aux cieux, d'azur tendus,
Où semble luire un météore,
La rosée en l'air s'évapore,
Un essaim d'oiseaux réjouis
Par-dessus leur tête picore.
C'est le verger du roi Louis.

Prince, il est un bois que décore
Un tas de pendus, enfouis
Dans le doux feuillage sonore.
C'est le verger du roi Louis !

Théodore de BANVILLE - Il s'agit ici de Louis XI connu pour sa cruauté.

pendus

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mardi 27 octobre

Le buffet

C'est un large buffet sculpté ; le chêne sombre
Très vieux, à pris cet air si bon des vieilles gens ;
Le buffet est ouvert et verse de son ombre,
Comme un flot de vin vieux, des parfums engageants.

Tout plein, d'un fouillis de vieilles vielleries,
De linges odorants et jaunes, de chiffons
De femmes ou d'enfants, de dentelles flétries,
De fichus de grand'mère où sont peints des griffons.

C'est là qu'on trouverait les médaillons, les mèches
De cheveux blancs ou blonds, les portraits, les fleurs sèches,
Dont le parfum se mêle à des parfums de fruits.

O, buffet du vieux temps ! tu sais bien des histoires,
Et tu voudrais conter tes contes ; et tu bruis
Quand s'ouvrent lentement tes grandes portes noires.

Arthur RIMBAUD

buffet

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mercredi 21 octobre

A ma quenouille

Quenouille mon souci, je vous promets et jure
De vous aimer toujours et jamais ne changer
Votre honneur domestic pour un bien étranger
Qui erre inconstamment et fort peu de temps dure.

Vous ayant au côté, je suis beaucoup plus sûre
Que si encre et papier se venaient arranger
Tout à l'entour de moi, car, pour me revenger,
Vous pouvez bien plutôt repousser une injure,

Mais, quenouille ma mie, il ne faut pas, pourtant,
Que pour vous estimer et pour vous aimer tant,
Je délaisse du tout cette honnête coutume

D'écrire quelquefois : en écrivant ainsi,
J'écris de vos valeurs, quenouille mon souci,
Ayant dedans la main le fuseau et la plume.

Catherine DES ROCHES

fileuse_quenouille

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vendredi 16 octobre

La veillée

Nous sommes là, ce soir, paisibles sous la lampe.
Mon père lit, sa main pâme contre sa tempe ;
Mon frère est accoudé, les yeux ailleurs, auprès
De ma mère qui brode avec des doigts distraits
Où luit le reflet lent du foyer sur ses bagues,
Parfois le chien, perdu dans ses beaux songes vagues,
Étire de paresse et d'aise son flanc creux ;
Et je rêve, parmi le grand silence, heureux.
Nous sommes là, ce soir d'hiver, humble famille,
Écoutant à l'horloge indécise qui brille
Dans l'ombre, palpiter les instants fugitifs,
Groupés devant le feu, comme des primitifs.

Fernand GREGH

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mercredi 14 octobre

Les boeufs et le loup

L'été, lorsque du ciel tombe enfin la nuit fraîche,
Les bestiaux, tout le jour retenue dans la crèche,
Vont errer librement : au pied des verts coteaux,
Ils suivent pas à pas les longs détours des eaux,
S'étendent dans les près, ou dans la vapeur brune
Hennissent bruyamment aux rayons de la lune.
Alors, de sa tanière, attiré par leurs voix,
Les yeux en feu, le loup, comme un trait sort du bois,
Tue un jeune poulain, étrangle une génisse.
Mais, avant que sur eux l'animal bondisse,
Souvent tout le troupeau se rassemble, et les boeufs,
Les cornes en avant, se placent devant eux.
Le loup rôde à l'entour, ouvrant sa gueule ardente,
Et, hurlant, il se jette à leur gorge pendante ;
Mais il voit de partout les fronts noirs se baisser,
Et des cornes toujours prêtes à percer.
Enfin, lâchant sa proie, il fuit, lorsqu'une balle
L'atteint, et les bergers, en marche triomphale,
De hameaux en hameaux promènent son corps mort.

BRIZEUX

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lundi 12 octobre

La vendange

Hier on cueillait à l'arbre une dernière pêche ;
Et ce matin voici, dans l'aube épaisse et fraîche,
L'automne qui blanchit sur les coteaux voisins.
Un fin givre a ridé la pourpre des raisins.
Là-bas, voyez-vous poindre, au bas de la montée,
Les ceps aux feuilles d'or dans la brume argentée ?
L'horizon s'éclaircit en de vagues rougeurs,
Et le soleil levant conduit les vendangeurs.
Avec des cris joyeux ils entrent dans la vigne ;
Chacun, dans le sillon que le maître désigne,
Serpe en main, sous le cep a posé son panier.
Honte à qui reste en route et finit le dernier !
Les rires, les clameurs stimulent la paresse.
Aussi, comme chacun dans sa gaîté se presse !
Presque au milieu du champ, déjà brille là-bas
Plus d'un rouge corset entre les échalas.
Voici qu'un lièvre part : on a vu ses oreilles.
La grive au cri perçant fuit et rase les treilles.
Malgré les fous rires, les chants à pleines voix,
Tout panier s'est déjà vidé plusieurs fois,
Et bien des chars ployant sous l'heureuse vendange,
Escortés des enfants, sont partis pour la grange.
Au pas lent des taureaux les voilà revenus.
Rapportant tout l'essaim des marmots aux pieds nus.
On descend, et la troupe à grand bruit s'éparpille,
Va des chars aux paniers, revient, saute et grappille,
Près des ceps oubliés se livre des combats.
Qu'il est doux de les voir, si vifs dans leurs ébats,
Préludant par des pleurs à de folles risées,
Tout empourprés du jus des grappes écrasées !
Fêtez les raisins mûrs ! venez de toutes parts,
Enfants ! sur les tonneaux qui sonnent dans les chars
          Grimpez, ô blonde fourmilière !
C'est votre fête à vous, quand on cueille ce fruit,
C'est le jour du fou rire, et des chants, et du bruit ;
          Venez, ceints de pampre et de lierre.
Dansez, garçons joufflus, une grappe à la main ;
A la cave, au pressoir ne manquez pas demain ;
          Suivez la vendange à la trace.

V. de LAPRADE

vendange01

vendredi 09 octobre

Le nécessaire de toilette d'un "fringant"

La coquille d'un limaçon
Pour bien lisser une rotonde,
Une carte entière du monde,
Des gants neufs de peau de souris
Un once de poudre d'iris,
Des préceptes pour la grimasse
Une grosse trompe de chasse,
Un papier tout plein de rubans,
Et le deux manches d'un gaban ;
Un compas pour l'astrologie,
Plusieurs figures de magie,
Un chapeau gris, quatre boutons,
La rognure de testons,
Un fer pour friser la moustache,
Des gaufres, un peigne, un panache,
Dont il se pare quelquefois,
Allant à la maison du roi.

BERTHELOT

DucDeGuise

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jeudi 08 octobre

URGENT : un cheval à sauver

poneyUrgent : un cheval à sauver, vous pouvez y contribuer en cliquant sur le lien ci-dessous, on ne vous demande qu'un clic de souris, alors SVP un petit geste d'amour. Merci.

PS : n'hésitez pas à transmettre à vos connaissances.

http://www.actuanimaux.com/nous_soutenir.php

Un clic de souris par jour pour sauver des animaux, défendre des causes animales, comme la corrida par exemple. Alors mettez ce lien dans vos favoris.

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mardi 06 octobre

Le retour

Nous parlions de tempêtes, de naufrages,
Et de la vie du marin,
Balloté entre le ciel et l'eau,
Entre l'angoisse et la joie.

Nous parlions de rivages lointains,
Dans le Sud et dans le Nord,
Et des peuple étranges qui vivent là-bas,
Et de leurs coutumes bizarres.

Sur le Gange, où tout est lumière et parfum,
Fleurissent des arbres géants,
Et de beaux hommes silencieux
Se prosternent devant des fleurs de lotus.

En Laponie, les gens sont crasseux, petits,
Avec des têtes écrasées et des bouches énormes.
Accroupis autour du feu, ils piaillent,
Ils crient et font frire leur poisson.

Les jeunes filles écoutaient gravement ;
A la fin, personne ne disait plus mot ;
On ne voyait plus le navire,
Trop noire était la nuit.

Henri HEINE - 1797/1856

retour

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vendredi 02 octobre

Espoir

Voici devant mes yeux la table coutumière ;
Les livres, la sébile(1) où le sable d'or luit,
Et l'encrier, citerne obscure dont la nuit
Se répand sous les doigts du poète en lumière.

Je rêve , ce repos m'est dû. Le feu mourant
Me jette un humble et tendre adieu d'ami fidèle.
J'écoute, bruit charmeur qui plaît au songe errant,
La lampe gazouiller dans son nid transparent ;
Et, relisant les vers achevés auprès d'elle,
Je me dis qu'il est doux d'être à, d'être assis
A ma table, au milieu de mes livres ; je pense
Que le jour écoulé fut libre de soucis ;
Et que mon cher et grand labeur, feuillets noircis,
En lui-même a trouvé ce soir sa récompense.

Demain, j'en ai la foi, sera beau. Mon esprit
Voit, dans la vaste plaine où l'avenir mûrit,
Les heures, groupe ardent et fier de jeunes filles,
Pour la moisson prochaine aiguiser leurs faucilles.
Mon destin se démasque et m'apparaît meilleur,
Et ma force m'enivre, et, comme un laboureur
Auquel l'été promet des chars de gerbes grasses,
Mon âme, mesurant ces biens vous en rend grâces
Et recommence enfin à vous aimer, Seigneur.

(1) - Petit récipient en bois dans lequel est placé du sable fin utilisé pour sécher l'encre.

Charles GUERIN - Le semeur de cendres

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jeudi 01 octobre

Poésies, remerciements, plaisirs

merci

Je tiens à remercier tous ceux qui passent lire quelques poésies. Les anonymes, celles et ceux qui me laissent un petit mot via "contacter l'auteur" et celles et ceux qui laissent un commentaire.
Je remercie ici Casandre, Elephant Gris, Mary, Bagheera13, Ludi44, Nathalie, Draps, Marialuisa653, Vanina et bien entendu ma fidèle Joelle.
Il doit y avoir ici environ 800 poèmes, je fais tout mon possible pour sortir des sentiers battus, trouver des poèmes oubliés, pas ou peu connus, cela représente beaucoup d'heures de recherche et de fouilles dans de très vieux livres.
J'ai grand plaisir à vous les livrer et j'espère que vous prenez du plaisir à en lire quelques uns.

Encore une fois MERCI de votre fidélité, de votre pause détente ici (du moins je l'espère).

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mercredi 30 septembre

Blog Veloutine34

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L'Automne

A toute autre saison je préfère l'automne ;
Et je préfère aux chants des arbres pleins de nids
La lamentation confuse et monotone
Que rend la harpe d'or des grands chênes jaunis.

Je préfère aux gazons semés de pâquerettes
Où la source égrenait son collier d'argent vif,
La clairière déserte où, tristes et discrètes,
Les feuilles mortes font leur bruit doux et plaintif.

Plus de moissons aux champs, ni de foin aux vallées ;
Mais le seigle futur rit sur les bruns sillons,
Et le saule penchant ses branches désolées
Sert de perchoir nocturne aux frileux oisillons.

Et, depuis le ruisseau que recouvrent les aulnes
Jusqu'aux sommets où, seuls, les ajoncs ont des fleurs,
Les feuillages divers qui s'étagent par zones
Doublent le chant des bruits de l'hymne des couleurs.

Et les pommiers sont beaux, courbés sous leurs fruits roses,
Et beaux les ceps sanglants marbrés de raisins noirs ;
Mais plus beaux s'écroulant sous leurs langues décloses,
Les châtaigniers vêtus de la pourpre des soirs.

Ici c'est un grand feu de fougère flétrie
D'où monte dans le ciel la fumée aux flots bleus,
Et, comme elle, la vague et lente rêverie
Du pâtre regardant l'horizon nébuleux.

Plus loin un laboureur, sur la lande muette,
S'appuie à la charrue, et le soleil couchant
Détache sur fond d'or la fière silhouette
Du bouvier et des boeufs arrêtés en plein champ.

L'on se croirait devant un vitrail grandiose
Où quelque artiste ancien, saintement inspiré,
Aurait représenté dans une apothéose
Le serf et l'attelage et l'araire sacré...

François FABIE

sous_bois_parure

lundi 28 septembre

Triolets

Que ces vers que je viens de lire
Ont un accent tendre et touchant !
Non ! ce n'est pas un dernier chant
Que ces vers que je viens de lire !
On n'en est pas à son couchant
Quand si jeune encor est la lyre !
Que ces vers que je viens de lire
Ont un accent tendre et touchant !

Ces beaux vers que chacun admire,
On les retient à son insu ;
On veut les lire et les relire
Ces beaux vers que chacun admire,
Où votre art exquis à tissu
Une larme dans un sourire.
Ces beaux vers que chacun admire
On les retient à son insu.

La fleur que tant d'éclat colore
N'est pas la dernière du jardin.
Elle a bien d'autres soeurs encor
La fleur que tant d'éclat colore !
N'en parlez pas avec dédain ;
Votre soir vaut mieux qu'une aurore.
La fleur que tant d'éclat colore
N'est pas la dernière au jardin !

ED. GRENIER

musique1

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