Des poèmes et des chats

mardi 08 mai

Cendrillon

Dans ses habits troués, près de l'âtre sans flamme,
La pauvre Cendrillon veille seule au logis,
Sans essuyer ses yeux par les larmes rougis,
Sans pouvoir surmonter la douleur de son âme ;

Les grillons familiers taisent leur chant tremblant,
Le silence profond fait l'ombre plus épaisse,
Cendrillon cependant, du fond de sa tristesse,
Espère encor et voit le bal étincelant.

Ainsi ! l'Humanité, qui trouve sur sa route
Tant de jours assombris de tristesse et de doute,
Ne se lasse jamais de son rêve ingénu ;

Mais elle attend, le front courbé sous la souffrance,
La Fée au doux regard, le Génie inconnu
Dont la robe aux plis d'or renferme l'espérance !

PORTEVIN

cinderella2

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Carnot

Le boulet court mobile ainsi qu’un serpenteau,
Wattignies°, imprenable, habile un fort plateau
Aux abords menaçants par mille artilleries,
Sinistre et promettant de prochaines tueries.
Qu’importe ! Les Français y vont comme au gala,
Libres, insouciants, légers… Carnot est là !

Carnot dans tous ces cœurs a soufflé sa grande âme.
L’Autriche a beau s’armer et de bronze et de flamme,
Chacun de nos petits enrôlés est enclin
A prendre le tonnerre au vol comme Franklin
Et leur vive chanson dit bonjour à la foudre.
Ils chantent, alléchés par l’odeur de la poudre,
Et montent au devant du canon, par d’étroits
Sentiers où l’on ne peut marcher que trois à trois.
Toute l’armée, au pas de course, s’échelonne.
L’œil fixé sur Carnot qui guide la colonne,
S’ils hésitent parfois, Carnot gravit toujours,
Aux balles des uhlans, aux sabres des pandours,
Insensible, et songeant bien moins à la mitraille
Qu’à l’héroïque amour qui dans son sein tressaille,
L’amour de la patrie en danger. Son cheval
S’abat. Lui va toujours, et le soldat rival
Du tribun qui le mène à la gloire en silence,
D’un pas jeune et joyeux à sa suite s’élance.

Nos chétifs fantassins, au fond des chemins creux,
Brisent le choc puissant des cavaliers poudreux,
Et sur ces corps géants que la mort amoncelle,
A travers un orage enflammé qui ruisselle,
Hâtent le dur travail de leur ascension.


O race de vaillants ! O Révolution !
Déjà sur le coteau, déjà les batteries
Se taisent, et soudain nos bandes aguerries,
Dispersent les ramas des blancs Autrichiens.
Comme un veneur qui chasse une meute de chiens.
Wattignies est à nous, et l’Autriche est en fuite.

Or, tandis que Jourdan active la poursuite,
Carnot, posant enfin son fusil dans un coin,
Se recueille immobile, et sérieux témoin,
Heureux d’avoir franchi ce périlleux passage,
Brave comme un héros, modeste comme un sage.

Emmanuel des ESSARTS

° Wattignies est une commune du canton de Maubeuge, dans le département du Nord. C’est là que Jourdan remporta, en 1793, une victoire décisive sur les Autrichiens.

carnot_wattignies



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vendredi 27 avril

La vie est un voyage

maroc

Besoin d'évasion ? De vous changer les idées ?

C'est ici : http://merjazerga1.canalblog.com

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jeudi 26 avril

Retour vers l'innocence

A toi l’humain, qui rêvait d’espérances,
Dans la pureté de ta fragile innocence,
Au seuil de ta vie, devant son soleil couchant,
Profonde est ta vision d’un lointain passé...
Celui, où enfant, tu respirais les fleurs,
Est dans ta main, puisait l’essence du bonheur !
Sur les chemins, où le cœur s’ouvrait à l’Amour,
Tu goûtais aux fruits défendus de toujours !
Belle jeunesse, jetée aux pâturages !
Sur lesquels, demeure l’ivresse des âges …
Il te faut renaître par delà cette vie,
Comme une étoile, qui en ton sein brille et luit,
Afin qu’elle éclaire à nouveau l’homme,
De ce qu’il fut, et de tous ses rêves qui dorment !
Retrouver sur une terre fertile en vendanges,
L’innocence, puisée aux gouffres de ses errances !
Il te faut sonder, cette mémoire du temps,
Où tu étais alors, qu’un tout petit enfant…
Le verbe aimer alors, était pour toi un chant,
Et sa grâce, résonnait en ton cœur si aimant…
Tu étais alors comme un petit ange,
Dont les ailes étaient faites de plumes blanches !
Te souviens-tu de tes premiers pas, fébriles,
Chaotiques… si confiants, mêmes fragiles ?
Te souviens-tu de l’Amour qui te fut donné,
Dans le regard d’un proche, ou d’un baiser semé
Sur des lèvres aimantes, à jamais gravées ?
Toi l’enfant, qui croyait aux douces licornes,
Avant que tes yeux se voilent, ne soient borgnes...
Crois-tu toujours en cet Amour, même si dur,
Sur ton chemin, que la vie et ses épreuves,
Auront affligé, en des plaies et blessures ?
Et l’heure tourne au cadran du temps, qui s’abreuve,
De tes souvenirs, et de leurs jours si heureux,
Et dans tes mains, que les rides ont façonnées,
Est inscrit l'ouvrage de ta vie, édifiée...
Dans ta chair et dans ton sang, bat follement
Toutes les ivresses de tes saisons aimantes !
Un bouquet parfumé de toutes leurs essences !
Tu étais alors, un berger et tes matins,
S'enivraient d'ivresses, vers tes lendemains !
Oui… humain, inscrit au livre de ta vie,
Non point toutes les richesses en pièce d’or !
Seulement, ce don de soi, en unique trésors !
Celui qui donne sans compter, si infini !
Et soit, comme un poisson dans une rivière,
Qui nage, et ne sait où il va, mais pour ses frères,
Est une nourriture éternelle, comme la mer !
Car le don d'aimer, est une source liesse !
Sur les rives de l’éternité, soit musique !
Recueille, aux fontaines harmoniques,
L’eau qui te tient vivant en ce monde !
Et dans le vent des libertés, profonde
Est l’âme qui aura su s’élever par-delà,
Les horizons lointains, d’une vie ici bas…
Et, sur les rives de ton innocence,
Entends à nouveau, dans une douce clémence,
le chant oublié ...de l'Amour...

Corinne (Cronin)

Un petit clic sur le lien ci-dessous :

http://cronin-poesies.over-blog.com

enfan

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mardi 24 avril

Le chêne et l'arbrisseau

          Un jeune enfant avec son père
          Se promenait dans un jardin,
          Et ne songeait qu’à se distraire,
Qu’à  se dédommager de l’ennui, du chagrin
Qu’il avait essuyé pendant tout le matin,
          En étudiant sa grammaire,
          Lorsqu’ils trouvèrent le chemin
          Un arbrisseau dont la tempête
Avait courbé la tige et fait plier la tête,
          En forme à peu près de berceau.
          A cet aspect le sage père
          Voulant à son cher jouvenceau
          Donner un avis salutaire :
       « Mon fils, dit-il, prenez cet arbrisseau
Et le rétablissez dans sa forme première.
          - Volontiers, papa, dit l’enfant. »
Aussitôt il le prend, et sans beaucoup de peine
          Il le redresse au même instant.
« Fort bien, dit le mentor ; mais voyez-vous ce chêne,
Qu’un penchant vicieux vers cette allée entraîne.
          Quoique déjà fort avancé,
Il aurait bien besoin d’être un peu redressé ;
          Allez lui rendre aussi service.
          - Oh ! oh ! dit l’enfant en riant ;
          Papa, pour moi quel exercice !
          Je le tenterais vainement,
          Mon bras est un peu trop novice ;
       Je m’en serais chargé fort aisément,
Lorsque cet arbre était encor dans son enfance :
Mais de le redresser ce n’est plus la saison,
          Et les bras même de Samson
          Ne vaincraient pas sa résistance.
          - Oui, mon fils, vous avez raison,
          Je reconnais votre impuissance,
Reprit le père ; eh bien ! de cette expérience
          Tirez cette sage leçon :
          Nos penchants, dans le premier âge,
          Mais on ne peut plus les changer,
Quand ils sont raffermis par le temps et l’usage. »

LABBE

enfant1

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dimanche 22 avril

Retour des oiseaux

Ah ! revenez dans nos bocages,
O vous, chantres harmonieux,
Oiseaux dont les brillants ramages
Sont bien faits pour nous rendre heureux.

Revenez, je vous en supplie,
Pour nous redire vos chansons ;
Perchés sur le rameau qui plie,
Chantez, nous vous écouterons.

Revenez ! Durant la froidure
Les bois furent silencieux ;
Puisqu’ils se couvrent de verdure
Remplissez-les de cris joyeux.

Revenez ! Le travail à l’homme
Semble plus doux s’il vous entend,
Et si, las, il veut faire un somme
Il s’endort en vous écoutant.

Revenez ! Et sous la charmille,
Moi, j’irai m’asseoir tous les jours ;
J’y verrai l’oiseau qui sautille
Chantant et gazouillant toujours.

Revenez ! Et pour me distraire,
J’irai là pour lire des vers,
Et je vous écouterai faire
Vos accompagnements divers.

Revenez ! Et dans le silence
Du soir, j’entendrai tes chansons,
O toi, chanteur par excellence,
Rossignol, hôte des buissons.

Revenez donc dans nos bocages,
O vous, chantres harmonieux,
Vous tous, oiseaux aux beaux ramages,
Venez pour nous rendre joyeux !

JANNIN

OISEAUX

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vendredi 20 avril

Les soldats de la République

Aînés d’une race stoïque,
Salut, vous les premiers venus
A l’appel de la République
Chers ignorés, grands inconnus.

Le rouge soleil de la gloire
Qui pourpre encor vos généraux
Vous a laissés dans la nuit noire,
Peuple anonyme de héros.

Pourtant vous aviez, dès l’aurore,
Par un élan illimité,
Suivi celle que l’on adore,
L’infatigable Liberté.

Au pas de cette voyageuse
Vous alliez fougueux et dispos,
Comme l’avalanche orageuse,
Presque sans halte et sans repos ;

Et vos triomphantes étapes,
O mes chers marcheurs disparus,
S’appelaient Dunkerque et Jemmapes,
Se nommaient Zurich et Fleurus.

Humbles sauveurs de notre France
Qu’exaltait le Chant du Départ,
Dans cette auguste délivrance
Vous eûtes la meilleure part.

Vous restiez doux aux faibles, comme
Des libérateurs radieux
Tenant toujours  les Droits de l’Homme
Immuables devant leurs yeux.

Combattants, vous rompiez des chaînes ;
Vainqueurs, vous brisiez des tyrans ;
Vous mettiez en fuite des haines ;
O populaires conquérants !

Tandis que les haines fatales
Eteignaient leurs brandons ardents,
Vous entriez aux capitales
Comme des fleuves fécondants ;

Des fleuves au flot magnifique,
Nourriciers, roulant avec eux
La fraternité pacifique
Dans un grand courant belliqueux.

Oui ! partout les foules joyeuses,
L’histoire s’en souvient encor !
Fêtaient vos mains victorieuses
Pleines de lauriers, vierges d’or.

Soldats sans rage et sans furie
Purs de vaines ambitions,
Vous avez rendu la Patrie
Chère et charmante aux nations.

Moment sublime et trop rapide !
Rêve envié des jours présents !
Salut donc, jeunesse intrépide,
Bourgeois, ouvriers, paysans ;

Car vous fûtes la grande Armée,
Splendide, sans ombre au tableau,
Sans province ou ville opprimée,
Sans Leipsick et sans Waterloo !

Emmanuel des ESSARTS

armee_Napo2

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mercredi 18 avril

A celles qui pleurent

Vous surtout que je plains, si vous n'êtes chéries,
Vous surtout qui souffrez, je vous prends pour mes soeurs :
C'est à vous qu'elles vont mes lentes rêveries
Et de mes pleurs chantés les amères douceurs.

Prisonnière en ce livre une âme est contenue.
Ouvrez, lisez : comptez les jours que j'ai soufferts.
Pleureuses de ce monde où je passe inconnue,
Rêvez sur cette cendre et trempez-y vos fers.

Chantez ! un chant de femme attendrit de souffrance.
Aimez ! plus que l'amour la haine fait souffrir.
Donnez ! la charité relève l'espérance :
Tant que l'on peu donner on ne veut pas mourir !

Si vous n'avez pas le temps d'écrire aussi vos larmes,
Laissez-les de vos yeux descendre sur ces vers.
Absoudre, c'est prier. Priez, ce sont nos armes.
Absolvez de mon sort les feuillets entr'ouverts.

Pour livrer sa pensée au vent de la parole,
S'il faut avoir perdu quelque peu sa raison,
Qui donne son secret est plus tendre que folle :
Méprise-t-on l'oiseau qui répand sa chanson ?

Marceline DESBORDES-VALMORE

pleur


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lundi 16 avril

Le port aperçu

Révélant le réel et l'amour désirés,
Que voilait la terrestre et funèbre poussière,
Au vrai jour, entrevu des Mages inspirés,
La Mort libératrice ouvre notre paupière.

Elle unit à jamais en des transports sacrés,
Au sein de l'infini, les âmes de lumière,
Les coeurs toujours brûlants et les sens épurés !
- Et la Mort nous apprend la vérité première.

Esclaves, jusque-là, du doute et de la chair,
Toujours plus altérés d'air pur et de ciel clair,
A travers les dégoûts et les incertitudes.

Poursuivons, triomphants et meurtris tour à tour,
Des sommets lumineux au fond des turpitudes,
La science impossible et l'impossible amour.

M. DESSAGNERES

lumi_re

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samedi 14 avril

Consolation

Ne sois pas étonné si la foule, ô poète,
Dédaigne de graver ton oeuvre jusqu'au faîte ;
La foule est comme l'eau qui fuit les hauts sommets :
Où le niveau n'est pas, elle ne vient jamais.
Donc, sans prendre à lui plaire une peine perdue,
Ne fais pas d'escalier à ta pensée ardue !
Une rampe aux boiteux ne rend pas le pied sûr.
Que le pic solitaire escalade l'azur,
L'aigle saura l'atteindre avec un seul coup d'aile,
Et posera son pied sur la neige éternelle,
La neige immaculée, au pur reflet d'argent,
Pour que Dieu, dans son oeuvre allant et voyageant,
Comprenne que toujours on fréquente les âmes
Et qu'on monte au sommet des poèmes sublimes.

Théophile GAUTIER

sommet

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mercredi 11 avril

Les petits souliers

Les petits souliers longs d'un pouce,
Pleins de joujoux, rangés en rond
Bâillent dans l'âtre ou se trémousse
Le criquet au menu ronron.

Oh ! la curieuse frimousse
Des bébés qui découvriront
Les petits souliers longs d'un pouce
Pleins de joujoux, rangés en rond !

Pour ceux que le temps chasse et pousse
Les noëls aussi reviendront ;
Mais jamais plus  ne chausseront
- Le coeur baigné de candeur douce -
Les petits souliers long d'un pouce...

Mme DELARUE-MARDRUS

souliers

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lundi 09 avril

Les étrennes de l'orphelin

Fridelin est couché sur la marche de pierre,
Au poche de l’église, en un coin ténébreux.
Il voudrait bien dormir, le petit malheureux,
Mais en vain : le sommeil déserte sa paupière
Et le clément oubli se soustrait à ses vœux,
Car toujours l’orphelin grelotte sur la pierre.

Il se soulève, il voit passer dans le lointain
Les bourgeois attardés qu’attend une famille.
L’un chante, l’autre court ; chez tous la gaîté brille.
La cloche fait ouïr son appel argentin ;
Au zénith, la nuit tend son voile qui scintille ;
L’an neuf va commencer, à l’aube du matin.

Et Fridelin est seul, à sa pensée amère,
          A sa douleur abandonné !
Est-ce donc pour pleurer, pour souffrir qu’il est né ?
Jamais ne l’effleura la lèvre d’une mère…
Au deuil, dès le berceau, l’orphelin condamné
N’a pas même connu quelque joie éphémère.

Il sanglote ; il a froid, il a peur, il a faim.
L’étoile luit au ciel et la cloche résonne.
Ah ! pour le secourir, ne viendra-t-il personne ?
Cette nuit à ses maux mettra-t-elle fin ?
Ecoutez : il gémit… Regardez : il frissonne.
L’an neuf va commencer, à l’aube du matin.

Et déjà par des cris, des transports d’allégresse,
La fête s’annonçait dans plus d’une maison.
Pour les enfants heureux, si large est l’horizon !
Si doux sont les présents offert par la tendresse !
Chers agneaux, Dieu vous fit une bonne toison ;
Rien ne vous manquera, ni jouets ni caresse.

Cependant, l’orphelin avait fermé ses yeux
Dans le sommeil profond, dans le sommeil suprême.
Enfant, qui  ne sais pas encor comment on aime,
Ecoute le concert des anges radieux…
Parmi ses chérubins, Dieu te mettra lui-même,
Et tu vas recevoir tes étrennes aux cieux.

Alfred des ESSARTS

Eglise

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samedi 07 avril

Eloignement

C’en est fait, il est grand ; son âge vous sépare ;
Il n’est plus sa mère, il est lui ;
Ton cher trésor, couvé longtemps, ô mère avare,
Tu dois le livrer aujourd’hui.

Il vécut de ton souffle et partagea son âme,
Il fut ta chair, il fut ton sang !
Et voilà que ce fils désormais, pauvre femme,
Va vivre seul, va vivre absent !

Hier, il marchait encor dans les plis de ta jupe
Et tu le tenais par la main.
Aujourd’hui, son départ prochain te préoccupe :
Hélàs ! où sera-t-il demain ?

Le collège l’attend ; la prison va le prendre,
Où les maîtres parlent latin.
Adieu l’enseignement premier de ta voix tendre,
Qu’ouvrait le baiser du matin !

Quoi ! Séparés ! Grand Dieu, s’il te prenait l’envie
De le voir ; tu ne le pourrais pas !
Des cruels en deux parts ont divisé ta vie :
La meilleure est en lui là-bas.

Adieu les bruits, les cris dont la chambre était pleine,
Et dont tu le grondais parfois,
Le silence s’est fait. Tu te souviens à peine.
Du son bien-aimé de sa voix.

Mais à l’heure des jeux tu vas, tu le demandes ;
On l’appelle ; il s’en vient courant.
Tu gonfles de gâteaux ses poches toutes grandes
Et tu lui parles en pleurant.

Travaille-t-il beaucoup ? Il est triste, sans doute.
Qu’a-t-il fait durant ce long jour ?
Mais lui reste immobile et distrait : il écoute
Les cris des joueurs dans la cour.

Quand tu t’émeus pour lui, sa froideur te chagrine :
Il n’est plus à toi, rien qu’à toi !
Et tu sens s’arracher ton cœur de ta poitrine.
Pourquoi pâlir ? C’est une loi.

C’est une loi qu’il faut que la force lui vienne ;
Pourquoi le regretter toujours,
Le temps où ta faiblesse était encore la sienne ?
L’ordre éternel poursuit son cours.

C’est en vain que parfois tu le prends, tu le presses
Contre ce sein qui l’a nourri.
Tu rapproches son front du tien par ces caresses,
Vois-tu, mais non pas son esprit.

Son esprit flotte ailleurs, au loin, comme la graine
Loin de son arbre, au grè du vent…
Ah ! ce cri de joueur, qui l’attire et l’entraîne,
Tu dois l’entendre encore souvent !

Tu les maudis, ces voix, ô mère désolée,
Qui prennent ton fils dans tes bras ;
Quand sonnera l’appel de la grande mêlée,
Alors tu les regretteras.

Or, le devoir, après le jeu, le sollicite ;
Il rêve à son futur état,
Il change d’air, d’allure… Oh ! comme il grandit vite :
Il est orateur, soldat.

Qu’il aille donc ! – Mais, va, fatigués des chimères,
Ils reviennent tous quelque jour,
Regrettant les berceaux, redemandant aux mères,
La grande paix de leur amour.

Jean AICARD

maman_et_bebe_maracchi

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vendredi 06 avril

Moka : l'heure de la sieste

Avril_2012_002

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jeudi 05 avril

Canalblog : BRAVO

Cela doit faire à peu près six ans que j'utilise les services de Canalblog. Ce que j'aime particulièrement (en plus de tout le reste) c'est que l'on peut planifier "quand" nos articles seront publiés : à l'instant, demain, la semaine prochaine, dans six mois, l'année prochaine...
J'ai déjà des articles qui sont écrits et programmés pour paraître au moment de Noël, que je sois là où pas, vivante ou pas....
On peut savoir le nombre de visiteur, de quel pays ils sont... etc.

Merci à Canalblog qui sans cesse améliore ces prestations pour notre confort d'utilisation. Bravo à toute l'équipe.

Sans_titre

 

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Le gâteau de Poum

Avril_2012_016






Autant que les gâteaux, Poum aime les histoires,

Celles de l’oncle Paul, surtout. Il les dit bien,
           Avec des gestes oratoires,
(Poum répète le mot, sans y comprendre rien,
Mais on papa l’emploie, alors Poum le retient).
L’oncle Paul a beaucoup voyagé. C’est merveille
De l’entendre parler des plus lointains pays !
           Poum tend l’oreille,
           Il ouvre des yeux ébahis,
Ne respire qu’à peine et, quand la voix s’élève,
Il frissonne, il fait : « Oh ! » Il croit voir, non, il voit
Ce que l’oncle Paul montre avec le bout du doigt.
Il dit : « Encor ! encor ! » quand l’histoire s’achève.
     L’oncle n’est jamais pris au dépourvu,
     Il a toujours quelque histoire en réserve,
     S’il ne raconte pas ce qu’il a vu,
Il invente à plaisir des récits pleins de verve
           Qu’il allonge, qu’il raccourci,
Afin d’amuser Poum, en s’amusant aussi.

Ce soir-là, grand dîner. Poum doit venir à table,
           Et l’oncle Paul est invité.
Oui, l’oncle Paul viendra. Poum en est enchanté.
Il mangera beaucoup… Un dessert admirable !...
Poum l’avale des yeux avec avidité.
La cuisinière a fait une tarte aux cerises,
Celle qu’il aime tant ! Pensez s’il est heureux :
           La tarte et des gâteaux nombreux !
Mais maman, qui connaît toutes ses gourmandises,
Lui permet seulement (elle aura l’œil sur lui)
De manger un morceau de tarte. Plein d’ennui,
Poum a promis.
                     Voici que l’oncle Paul arrive.
« Tu raconteras une histoire, n’est-ce-pas ? »
Lui dit aussitôt Poum en tombant dans ses bras.
« Au dessert seulement, Poum ! »… Le dernier convive
           Est annoncé. C’est le moment !
On passe à table, Poum mange comme un gourmand,
           Le voilà tout à son affaire ;
           Ce qu’on dit, il ne l’entend guère,
           Pour lui, ça n’a pas d’intérêt,
           Il mange presque sans arrêt,
Il mange, en savourant, heureux Poum ! ce qu’il mange,
Et sans que l’œil distrait de maman le dérange.
Au dessert, l’oncle Paul a promis de conter
Une histoire pour Poum… Il faut s’exécuter.
           On apporte la tarte immense,
Poum a pris son quartier, et l’oncle Paul commence.
Poum ne perd pas un mot, l’histoire est à son goût !
           Vraiment il s’amuse beaucoup,
           A lui seul, il est l’auditoire,
L’oncle absorbe à présent ses oreilles, ses yeux,
           Jamais il n’a raconté mieux,
Rien n’existe pour Poum maintenant que l’histoire…
Quoi, c’est déjà fini ! Poum est désolé !
Il songe à retourner alors à son assiette ;
Elle est vide ! et la tarte ? Elle aurait donc filé ?
Il regarde ; il ne lui reste pas une miette :
           L’aurait-on donc oublié par hasard ?
Il lui semble pourtant qu’on lui donna sa part…
Alors, il réfléchit…, il a compris… il pleure :
Il écouta trop bien l’histoire tout à l’heure
Et, tout en l’écoutant… quelle déception !...
           Oui, maintenant il se rappelle !
On l’interroge ; il dit, sanglotant de plus belle :
« J’ai mangé… mon gâteau… sans… y… faire… attention ! »

Pierre COURTOIS

Avril_2012_017

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mardi 03 avril

L'Etoile

Petit poème en prose

L’ouragan s’était déchaîné pendant le jour, la pluie avait attristé la terre et, le soir, la voûte du ciel avait gardé sa mante grise de brouillards ; en la nuit lugubre, pas une étoile ne brillait et les rues de la ville semblaient être plongées dans un deuil inattendu.
Dans son berceau léger, petit Paul, gentil garçonnet de huit ans, était bien malade ; il ne dormait pas, et les larmes obscurcissaient ses beaux yeux, malgré les consolantes paroles de sa mère :
- O maman, disait-il, pourquoi donc, à travers les vitres si claires, ne puis-je voir, cette nuit, les charmantes étoiles du firmament qui brillaient tant hier ?...
- Cher petit, le  bon Dieu, sans doute, a craint d’allumer leurs flammes d’or, car le vent souffle avec fureur et il pouvait éteindre leurs lueurs, mais demain, j’en ai l’espoir, tu verras des milliers d’étoiles scintiller dans l’espace ! »
« - O demain ! c’est bien long, ma mère !  je suis bien las et je ne puis dormir ! La lampe me blesse le regard… si, du moins, je pouvais voir un instant une petite étoile que j’aime mieux que les autres, car elle est nuancée de je ne sais quelles couleurs diaprées que n’ont pas ses compagnes…
« Et je l’aime, cette petite étoile, ô maman, je veux la voir !...
La mère ne dit rien, mais elle essuya furtivement une grosse larme qui roula de ses yeux : Son petit Paul se mourait lentement d’un mal implacable.
Tout à coup la mère, le front collé aux vitres glacées, eut un mouvement de joie : un coin, un très petit coin du ciel noir s’était découvert et, à travers cette déchirure, comme la délicate lueur d’une lampe filtrante entre un réseau de soie, une tremblante clarté, telle qu’un clou d’or, perçait les voiles de la nuit.
Et l’enfant la vit aussitôt, cette lueur désirée : sa petite étoile se balançait doucement là-haut.
Tout heureuse, elle semblait dire aux humains attristés : « Si les autres manquent à l’appel, ce soir, je suis là, moi, votre petite étoile, toujours fidèle… »
… Et l’enfant enchanté envoya un gentil baiser à sa mère, presque consolée, puis à l’étoile tremblante qui, rapide comme l’éclair, s’éclipsa dans l’obscurité, pendant que petit Paul s’endormait pour toujours… mort de joie d’avoir admiré son Etoile !
L’étoile céleste n’avait brillé qu’un instant, pour l’enfant moribond ; pour sa mère aimée l’enfant n’avait souri qu’un instant, tous deux avaient disparu de ce monde, comme deux âmes sœurs qui vont se retrouver au Paradis éternel, où fleurissent l’éternelle jeunesse et les éternelles étoiles !

Paul LORANS

_toile

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dimanche 01 avril

Oh ! si j'avais une cabane

Tu la voulais quand tu souffrais,
Pour sortit du monde profane,
Pou laisser ton âme qui plane
Pleurer en paix... Toi qui pleurais...

Tu la voulais seule et lointaine,
Hors de tous les centres humains,
Afin que jamais une haleine
N'empoisonne l'air de la plaine,
ni qu'une main souille tes mains !

Tu la voulais étroite et sombre
Pour y pleurer seul dans la nuit.
Tu te fus enveloppé d'ombre
Et là, de tes plaintes sans nombre,
Le roc eut retenti, sans bruit...

Collier d'Ambre par Esther de Suze

cabane

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vendredi 30 mars

Vieillir


Vieillir en beauté, c'est vieillir avec son coeur;
Sans remord, sans regret,sans regarder l'heure;
Aller de l'avant, arrêter d'avoir peur;
Car, à chaque âge, se rattache un bonheur

Vieillir en beauté, c'est donner un coup de pouce
À ceux qui se sentent perdus dans la brousse,
Qui ne croient plus que la vie peut être douce
Et qu'il y a toujours quelqu'un à la rescousse

Vieillir en beauté,c'est vieillir positivement.
Ne pas pleurer sur ses souvenirs d'antan.
Être fier d'avoir les cheveux blancs,
Car, pour être heureux, on a encore le temps

Vieillir en beauté,c'est vieillir avec amour,
Savoir donner sans rien attendre en retour;
Car, où que l'on soit, à l'aube du jour,
Il y a quelqu'un à qui dire bonjour.

Vieillir en beauté,c'est vieillir avec espoir;
Être content de soi en se couchant le soir.
Et lorsque viendra le point de non-recevoir,
Se dire qu'au fond,ce n'est qu'un au revoir.

vieillir

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mardi 27 mars

Le poisson de kpou

Un jour un torrent parla à un poisson
En train de se noyer il buvait le bouillon
Le torrent lui dit  qu’il avait des nageoires
Pourquoi donc transformer ses branchies en passoires ?

      Le poisson raconta au torrent sa tristesse
Les jours qui passaient sans qu’il y ait d’ivresse
Les copains qui partent et qu’on ne revoit plus
Emportés par la vie que le courant remue   

      Le torrent perplexe ne savait que dire
Dés qu’il respirait au moindre soupir
C’est vrai qu’il faisait un peu tournoyer l’eau
Mais n’est-ce pas finalement le destin d’un ruisseau ?

      Alors il eut l’idée, une idée dangereuse
Mais la vie finalement n’est elle pas hasardeuse
De ramener lentement le poisson vers la rive
Où un pêcheur patient scrutait les eaux vives

      Le poisson affamé ne se méfia pas
Voyant un vermisseau sitôt le goba
Le pêcheur alors sentant venir la prise
Tira de toute ses forces pour éviter l’esquive

      Le poisson prisonnier sentait la vie partir
Sûr que ce soir c’est lui qu’on allait faire frire
Mais tandis qu’à l’air libre la canne le tirait
La rivière murmura d’une voix épurée

      Poisson je t’offre ici un choix cornélien
Ta vie tient à un fil, là s’écrit ton destin
Si je bouge mes bras  je te sauve la vie
Si je reste immobile l’histoire s’achève ici

      Le poisson dans un souffle, à moitié asphyxié
Supplia la rivière de ses bras agiter
Le fil se cassa, le poisson s’enfuit
Sauvé in extremis par de l’eau bénie

      Dans la vie c’est parfois quand la corde va lâcher
Et que l’on  se sent prêt à sauter dans le vide
Qu’il y a un déclic qui fait réamorcer
Une pompe à bonheur qu’on trouvait insipide.

Emprunté chez : http://kpouxdchineoh.over-blog.com

Prenez la peine d'y faire un petit tour, il y a de tout : des jeux, des poésies écrites par kpou, de l'info/intox...

fish

Posté par choupanenette à 23:02 - - Commentaires [2] - Rétroliens [0]
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