jeudi 24 juillet
La ronde
Dansez, les petites filles,
Toutes en rond.
En vous voyant si gentilles,
Les bois riront.
Dansez, les petites belles,
Toutes en rond.
Les oiseaux avec leurs ailes,
Applaudiront.
Dansez, les petites fées,
Toutes en rond.
Dansez, de bleuets coiffées,
L'aurore au front.
Victor HUGO
dimanche 20 juillet
Il est doux le regard d'un enfant
Il est doux le regard d'un enfant.
A l'aube de la vie, il est notre lumière
Sous le regard ciel clair et bleu d'enfant
Il observe les hommes vivant sur cette terre.
Il est doux le regard d'un enfant
A l'aube des saisons, s'élève sa prière.
Il a peur de la mer, il a peur que le temps
Ne jette en son coeur quelque larme amère.
Il est doux le regard d'un enfant.
Quand il est toujours en quête de tendresse
Malgré de tendres coeurs qui l'entourent pourtant,
On devine parfois des lueurs de détresse.
Il est doux le regard d'un enfant.
Quand il va dans le vent et que court sa jeunesse.
Il est peut-être grand et espiègle ou méchant
S'il n'a connu en tout, que de vagues caresses.
Il est doux le regard d'un enfant.
Dans ses yeux se reflètent notre image.
Et l'on revoit les neiges d'antan.
Quand il était l'heure de tous les enfants sages.
samedi 19 juillet
Hoche et Marceau
Espoirs trop tôt ravis du siècle à son berceau,
Cher couple immaculé, passagères merveilles,
O jumeaux dans la gloire et dans la mort pareilles,
Rayonnez à jamais sur nous, Hoche et Marceau !
Aux limpides leçons de votre double exemple,
Eclairez-nous. Hélas ! notre chemin est noir.
Pour nos yeux blessés d'ombre, il est bon de vous voir,
Ainsi que deux flambeaux à la voûte d'un temple.
Et pourtant qu'étiez-vous, fils chaleureux, au jour
Où vous vous êtes dit : "En avant pour la France !"
Des enfants... mais déjà majeurs par la souffrance,
Grands par l'enthousiasme et très grands par l'amour.
Le saint amour transforme en géants les pygmées :
L'enfant qui veut mourir est plus qu'un homme... Tels
A vingt ans vous alliez, prêts aux labeurs mortels,
Imberbes entraîneurs de nos mâles armées.
Lorsque vous dispersiez les pâles combattants,
On eût dit, à voir fuir des maréchaux séniles,
L'hiver qui se hâtait vers des plages stériles,
Vaincu par les archers lumineux du printemps.
Même, ô jeunes vaillants dans votre tombe encore
Vous semblez retenir, de l'âge adolescent,
Je ne sais quoi de doux, d'aimable et d'innocent,
Et vous portez au front les grâces de l'Aurore.
Espoirs trop tôt ravis du siècle à son berceau,
Cher couple immaculé, passagères merveilles,
O jumeaux dans la gloire et dans la mort pareilles,
Rayonnez à jamais sur nous, Hoche et Marceau !
Emmanuel des ESSARTS
Titi et Rominet en vacance
vendredi 18 juillet
Le chien et l'abeille
Une petite abeille, en s'essayant au vol,
Tombe, s'abat, et reste inerte sur le sol.
Un bon chien l'aperçoit, fait un saut et s'arrête,
Pris de compassion en son instinct de bête.
Il voit la bestiole en vain se débattant ;
Il fait un pas, puis deux, puis trois en les comptant ;
Doucement de sa patte il la met sur pied. Elle,
Grâce à ce prompt secours, reprend force, ouvre l'aile,
Et s'envole. Le chien suit son chemin, pensif ;
Quand un mauvais sujet, d'un mouvement furtif
Lui met la corde au cou pour l'étrangler. L'avette
A tout vu : furieuse, elle accourt, et se jette
Sur le coquin ; aux yeux, aux mains, de toute part
Le pique, et dans la chair elle laisse son dard,
Puis meurt.
Cette vaillance, en ces temps où nous sommes,
Est propre aux animaux, très rarement aux hommes.
vendredi 11 juillet
Paysage d'Auvergne
Vers le soir, le soleil sur l'horizon décline,
Rougissant de ses feux sur la verte colline
Les remparts de granit du vieux manoir de Vaulx,
Ces tours, ces clochetons et ces sombres créneaux,
Que huit siècles durant, de ses flots de lumière
Il a déjà baignés. Autour des murs un lierre
S'enroule lentement et revêt l'escalier
D'un manteau toujours vert et d'un air printanier.
Les châtaigniers, couverts de mousse centenaire,
Entourés dès longtemps d'un respect légendaire,
Dressent leurs fronts hautains, ainsi que des géants
Des âges reculés ; ils méprisent les vents,
Et d'un air protecteur étendent leur feuillage
Sur les arbres naissants de tout le voisinage.
Les roseaux, frémissant sous le souffle du soir,
Se reflètent dans l'eau comme dans un miroir.
Le lac sourit, paisible, et la barque légère,
Ainsi qu'un colibri, s'endort sous la fougère.
Au fond de la vallée on entend le torrent
Qui bouillonne et mugit ; sur son flot transparent
Se penchent des bouleaux à la cime argentée.
Les oiseaux tout joyeux dans la haute futaie
Font entendre en adieu leur plus joli concert,
Et leur gazouillement qui dans le ciel se perd
Semble de l'Eternel célébrer la puissance,
Démontrer sa grandeur, chanter sa providence.
La montagne blanchit et le pic de Sancy
Paraît toucher le ciel de son front obscurci.
Le contour des monts tremble et leur ombre s'allonge
Dans le vallon désert qui dans la nuit se plonge.
Le soleil disparu lance un dernier reflet
Aux cimes de Chignors qu'il quitte avec regret.
Le chapeau à la main, récitant sa prière,
Le laboureur ramène à sa pauvre chaumière
La herse et la charrue, et les troupeaux de boeufs
Avec leurs yeux rêveurs, leur air affectueux,
De longs mugissements emplissent les vallées,
Font résonner partout les chansons envolées
De leur gai carillon. Les bons vieux Auvergnats
Regardent tristement les jeux et les ébats
De leurs petits enfants, le menton sur leur canne,
Tout doucement assis au seuil de leur cabane.
Mais un sourire éclôt sur leur visage hâlé
Et ranime le feu de leur regard voilé :
Ils sentent le retour de leur famille aimante,
Hument du vieux tabac... et la soupe fumante.
jeudi 10 juillet
Sauvage, timide, mais.............
curieux ! Mais que fait-elle donc ? Eh ben oui mon gros, je viens de te flasher !!!
mercredi 09 juillet
Berceuse
Dors, mon enfant chéri, dors, dans ta blanche couche,
Le soleil alourdit tes jolis petits yeux ;
Ta mère a déposé son baiser sur ta bouche,
Elle a fermé pour toi les grands rideaux soyeux.
Dors, mon enfant chéri, dors, dans ta blanche couche.
Dors, mon enfant, le soleil n'est plus à l'horizon.
Dehors il fait très noir, et voilà que la lune
De ses pâles rayons colore ta maison ;
L'étoile dans le ciel répand sa clarté brune,
Dors, mon enfant, le soleil n'est plus à l'horizon.
Répète doucement ta charmante prière,
Près de ton petit lit veille l'ange gardien,
Dors, il répand sur toi sa grâce tutélaire,
Ne crains rien, mon enfant, il sera ton soutien.
Répète doucement ta charmante prière.
Mais, mon ange, pourquoi ne veux-tu pas dormir ?
Tous les petits oiseaux dorment dans le feuillage.
Qu'as-tu donc, mon enfant, pour te plaindre et gémir ?
Quelle peine pourrait assombrir ton visage ?
Mais, mon ange, pourquoi ne veux-tu pas dormir ?
Dors, mon enfant chéri, dors dans ta blanche couche,
Le sommeil alourdit tes jolis petits yeux ;
Ta mère a déposé son baiser sur ta bouche,
Elle a fermé sur toi les grands rideaux soyeux.
Dors, mon enfant chéri, dors dans ta blanche couche.
Edgard IMBERT

mercredi 02 juillet
L'homme et le rossignol
Un homme en son jardin cultive un beau rosier
Où, chaque jour, naît une rose ;
Mais un oiseau, le chantre au sublime gosier,
Ravage, chaque jour, la fleur à peine éclose.
L'homme, avec un lacet sur l'arbuste attaché,
Prit notre rossignol et vous le mit en cage.
Celui-ci par son doux langage
Fit si bien qu'il fut relâché.
"Merci, maître, dit-il, cet acte de clémence
Mérite bonne récompense :
Creusez... là... sous vos pieds, je vois de l'or caché."
L'homme creuse aussitôt et trouve dans un vase,
Un grand trésor ; émerveillé,
Devant le blond métal il se tient en extase ;
Enfin : "Suis-je endormi, dit-il, suis-je éveillé ?
Comment ! celui qui voit un trésor sous la terre,
Chose plus facile pourtant,
Ne peut pas découvrir le piège qu'on lui tend !..."
Le rossignol répond : "Sachez tout le mystère.
Tel, pour lui-même aveugle, imprévoyant,
Dans le péril tomba par ignorance,
Qui tout à coup se montre clairvoyant
Lorsqu'il est inspiré par la reconnaissance."
Pierre LACHAMBEAUDIE
Chats en peinture par Peter Robinson
mardi 01 juillet
Rêve d'été
C'était un soir d'été. Dans le ciel sans nuages,
La lune lentement montait à l'horizon ;
Un grand calme régnait au milieu des bocages,
Et seul le rossignol disait une chanson.
Je m'assis sous un arbre. Et comme la nature
A pour moi des attraits charmants et merveilleux,
J'écoutais la chanson, je voyais la verdure,
Cela me fit rêver et je fermai les yeux.
Je m'endormis bientôt, caressé par la brise
Qui m'apportait de loin le doux parfum des fleurs,
Et j'entendais encor, quoique bien indécise,
La chanson de l'oiseau, charmeuse de nos coeurs.
J'eus un rêve charmant. Je crut tout à coup être
Au milieu d'un palais d'éclat resplendissant ;
De nombreux diamants - les étoiles peut-être -
Scintillaient au plafond - sans doute firmament -
Partout étaient des fleurs ; des gouttes de rosée
Sur les feuilles perlaient commet autant de rubis ;
La salle entière était d'eau de rose arrosée,
Je me crus transporté dans quelque paradis.
J'avais les yeux charmés. Soudain à mon oreille
Parvint une musique, un bruit mélodieux ;
Etait-ce donc l'oiseau dont la voix sans pareille
Sait si bien tous nous rendre ou tristes ou joyeux ?
Je ne le sais. Du moins, - et je puis bien le dire -
Je sentais que ce chant me faisait un grand bien ;
Inspiré, j'y mêlais les accents de ma lyre,
Mais tout à coup, hélas ! je n'entendis plus rien.
Alors je m'éveillai. Dans le ciel sans nuages
La lune lentement fuyait à l'horizon ;
Le silence régnait au milieu des bocages,
Le rossignol lui-même avait tu ses chansons.
Pierre JANNIN
vendredi 27 juin
Le fils
Triste vieillard, depuis que pour tes cheveux blancs,
Il n'est plus de soutien de tes jours chancelants,
Que ton fils orphelin n'est plus à son vieux père,
Renfermé sous ton toit et fuyant la lumière,
Un sombre ennui t'opprime et dévore ton sang.
Sur ton siège de hêtre, ouvrage de sa main,
Sourd à ses serviteurs à ton ami lui-même
Le front baissé, l'oeil sec et le visage blême,
Tous les jours, en silence, à ton foyer assis,
Tu restes pour attendre ou la mort ou ton fils.
Et toi, toi, que fais-tu, seule et désespérée ;
De ton faon dans les fers, lionne séparée ?
J'entends ton abandon lugubre et gémissant,
Sous tes mains en fureur ton sein retentissant,
Ton deuil pâle, éploré, promené par la ville,
Tes cris, tes longs sanglots remplissant toute l'île.
Les citoyens de loin reconnaissent tes pleurs.
"La voici, disent-ils, la femme de douleurs !"
L'étranger, te voyant mourante, échevelée
Demande : "Qu'as-tu donc, ô femme désolée !"
Ce qu'elle a ? tous les dieux contre elles sont unis ;
La femme désolée, elle a perdu son fils.
André CHENIER

jeudi 26 juin
L'aiguille de la montre
"Qui peut se comparer à moi ?
Disait l'aiguille d'une montre.
J'indique le lever du roi,
Je dirige en mainte rencontre
Hommes d'affaires, magistrats,
Princes, ministres, potentas ;
Je reconnais mon importance ;
Enfin je marque les instants,
Je divise les jours et mesure le temps."
Elle parlait ainsi d'un ton plein d'arrogance,
Tandis que le ressort, à sa morgue opposant
Une modeste retenue,
Continuait d'échapper à la vue
Pour lui donner du mouvement.
Fort souvent nous ne savons guère
A qui nous prodiguons l'encens.
Combien d'illustres arrogants
Doivent tout à leur secrétaire.
NOGENT

mercredi 25 juin
Coeruleum Mare
Je voudrais t'imprégner au fond de ma pensée,
Spectacle merveilleux et troublant de la mer ;
Mais, pour peindre ton charme exquisement amer,
La parole impuissante à ma lèvre est glacée.
Impassible, tu suis ta course accoutumée,
Caressant notre espoir, meurtrissant notre chair.
N'es-tu pas la coquette au coeur froid, à l'oeil clair,
Toujours plus décevante et toujours plus aimée ?
Parfois ton flot menteur, que ride un doux zéphyr,
Bleu pâle de turquoise ou sombre de saphir,
Semble un lac transparent ; mais soudain l'émeraude
Dans ce paisible azur met son glauque reflet ;
La vague arrive, ainsi qu'un voleur en maraude ;
La mer, enfant terrible, à l'homme pour jouet.
Olivier de GOURCUFF
mardi 24 juin
MIGNON
Connais-tu le pays, où croît le citronnier,
Où l'orange mûrit sous le sombre feuillage,
Où le vent est si doux, le ciel bleu sans nuage,
Où près du myrte en paix se dresse le laurier ?
Ami le connais-tu ? C'est vers ce pays même
Que je voudrais, je voudrais, moi,
Partir ! oh ! partir avec toi,
Avec toi seul que j'aime !
Connais-tu le palais ? le portique en entrant ?
La salle où mille feux scintillent et flamboient ?
Les chevaliers de marbre, aux regards qui me voient,
Disant : "Que t'a-t-on fait ? pauvre petite enfant."
Maître, le connais-tu ? C'est vers ce palais même
Que je voudrais, je voudrais, moi,
Partir, oh ! partir avec toi,
Avec toi seul que j'aime.
Connais-tu la montagne et ses sommets altiers ?
Le mulet dans la nue y cherche son passage,
Le noir dragon, son antre. Avec un bruit d'orage
Le torrent y mugit, roulant des rocs entiers.
Père, la connais-tu ? C'est par ce chemin même
Que je voudrais, je voudrais, moi,
Partir, oh ! partir avec toi,
Avec toi seul que j'aime !
Charles SIMOND
lundi 23 juin
Les roses de Sââdi
J'ai voulu ce matin te rapporter des roses ;
Mais j'en avais tant pris dans mes ceintures closes
Que les noeuds trop serrés n'ont pu les contenir.
Les noeuds ont éclaté. Les roses, envolées
Dans le vent, à la mer s'en sont toutes allées,
Elles ont suivi l'eau pour ne plus revenir ;
La vague en a paru rouge et comme enflammée.
Ce soir, ma robe encore en est tout embaumée...
Respires-en sur moi l'odorant souvenir.
Marceline DESBORDES-VALMORE (1786-1859)

dimanche 22 juin
Maman
Quand être frêle et sans défense
Tu vins au monde en vagissant,
Tu n'as rien su de la souffrance
Dont tu fis don par ta naissance
A celle qui fut ta maman !
Puis tu grandis et ton enfance
Ne fut qu'un long et dur tourment
Pour la femme dont l'assistance
A protégé ton innocence
Et dont le nom se dit : - Maman.
Quand arriva l'adolescence
Et qu'alors l'amour s'en mêlant
Tu t'échappas du nid d'enfance...
Dès que tu connus la souffrance
Tu t'en revins vers ta maman.
Et plus tard, loin de ton enfance
Quand la mort un jour en passant
Fera signe à ta sénescence,
Au seuil alors du grand silence,
Tu l'évoqueras ta maman !
samedi 21 juin
Petit village
Petit village au bord des bois,
Petit village au bord des plaines,
Parmi les pommiers, non loin des grands chênes,
Lorsque j'aperçois
Le coq et la croix
De ton clocher d'ardoises grises,
De ton clocher fin,
A travers ormes et sapins,
D'étranges musiques me grisent ;
Je vois des yeux dans le ciel étoilé :
Là je suis né...
Petit village au bord des champs
Petit village entre les haies,
Tour à tour paré de fleurs et de baies,
Lorsque les doux chants
De ton frais printemps,
Quand l'odeur de tes violettes,
De tes blancs muguets
Pénètrent mon coeur inquiet,
J'oublie et tumulte et tempêtes ;
J'entends des voix dans le soir parfumé :
Là j'ai aimé...
Petit village aux courtils verts
Petit village de silence,
Où la cloche sonne un vieil air de France,
J'aime les éclairs
De tes cieux couverts,
Ton soleil fin entre les arbres,
Les feux de tes nuits,
L'oeil fixe et profond de tes puits,
Ton doux cimetière sans marbres
Plein d'oiseaux fous et luisant comme pré :
Là je viendrai...
Philéas LEBESGUE
mardi 17 juin
Le soleil garde seul...
Mes pas ont retrouvé la vallée de l'enfance ;
la cavée était vide et les monts dénudés.
O bois dont je rêvais, crêts assombris de hêtres,
le soleil garde seul son âge et sa beauté.
Là-bas où dans les joncs croupissent les eaux mornes,
l'eau vive se jouait de ma jeunesse,
des sonnailles passaient de la lande au pacage...
Le soleil garde seul son âge et sa beauté.
Conrad Ferdinand MEYER
Bouleau : Eric Macho : Peintre du pied
lundi 16 juin
INITIUM
Les violons mêlaient leur rire au chant des flûtes
Et le bal tournoyait quand je la vis passer
Avec ses cheveux blonds jouant sur les volutes
De son oreille où mon Désir comme un baiser
S'élançait et voulait lui parler sans oser.
Cependant elle allait, et la mazurque lente
La portait dans son rythme indolent comme un vers,
- Rime mélodieuse, image étincelante, -
Et son âme d'enfant rayonnait à travers
La sensuelle ampleur de ses yeux gris et verts.
Et depuis, ma Pensée - immobile - contemple
Sa Splendeur évoquée, en adoration,
Et dans son Souvenir, ainsi que dans un temple,
Mon Amour entre, plein de superstition.
Et je crois que voici venir la Passion.
Paul VERLAINE





































