Le drame de la vie, hélas ! est peu de chose :
Au drame de la scène on peut le comparer :
Jusques au dénoûment jamais on n'y repose ;
Bien ou mal, pauvre ou riche, on doit y figurer.

Au premier acte on naît ; avec peine on s'avance
A travers mille écueils vers un but ignoré.
Au second, on s'éclaire, on pressent l'existence ;
A de vagues désirs on est déjà livré.

Au troisième, emporté par une aveugle ivresse, 
Par le monde, l'amour, les renaissants plaisirs,
On  ose, on brave tout, on s'égare sans cesse,
On s'apprête souvent d'éternels repentirs.

Au quatrième, las de vaines jouissances,
Le coeur d'autres besoins, d'autres feux se remplit ;
L'orgueil, l'ambition, leurs transports, leurs souffrances, 
Viennent tout remplacer... Cependant on vieillit.

Au cinquième arrivé, le corps, l'esprit s'affaisse,
Chaque jour, chaque instant voit briser un lien ;
On pense, on parle encor... mais la toile se baisse,
Le spectacle finit, et l'homme n'est plus rien.

La princesse de SALM 

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