Le bouddha Gaudama dit : "Ne sois pas cupide,
Toujours l'avidité mène à la mort rapide."

Un chasseur siamois tuait les éléphants
Pour nourrir de leur chair sa femme et ses enfants.
Or, la loi de Bouddha, que la sagesse inspire,
Défend de mettre à mort tout être qui respire.
Le chasseur n'y prend garde et parcourt les forêts,
Infatigable, adroit à déchocher ses traits,
Un jour, un éléphant, qu'une blessure excite,
Sur le chasseur pour le tuer se précipite ;
Mais le chasseur s'enfuit, haletant, éperdu,
Dans un nid de vipère et par elle est mordu.
Il la tue, irrité ; puis l'éléphant succombe
Au poison de la flèche, et bientôt l'homme tombe
Mort, à côté de lui. Son arc encor se tend.
Un loup par aventure en cet endroit attend.
Il trouve l'élépant et l'homme et la vipère,
"Bonne chance, dit-il. Plus qu'un loup n'en espère !
L'éléphant me fera trois mois, l'homme sept jours ;
Le serpent, deux repas ; mais commençons toujours
Par la corde de l'arc." Il y mord et s'entête !
L'arc se détent, le frappe et lui brise la tête.

Charles SIMOND

Cette fable dont nous devons la traduction en prose à Mgr Pallegoix, ancien prélat de Siam, est, suivant lui, la source où La Fontaine à pris le Loup et le Chasseur.

Le_Loup_et_le_Chasseur