L'homme est le seul maître du monde.
A son gré, l'homme ambitieux
Fait le tour de la terre ronde ;
Il pèse un astre dans les cieux.

L'homme, qui calcule et médite,
A créé les chemins de fer,
Sur lesquels, on va vite, vite...
Il s'élève en ballon dans l'air.

L'homme marche, la tête altière,
La face levée au soleil,
Dominant la nature entière,
Où nul être n'est son pareil.

Mais l'homme a faim : il faut qu'il mange ;
La faim l'humilie et le tord ;
Il pâlit ; sa figure change ;
Il souffre et sent venir la mort...

... Séparons le grain de la paille !
Broyons le blé ! chauffons le four !
Il faut bien que chacun travaille,
Car tout homme a faim chaque jour.

Travaillons tous, tant que nous sommes,
Pour que nul d'entre nous n'ait faim,
Et pour que la grandeur des hommes
Dans l'avenir monte sans fin.

Et quand vous verrez, sous l'étreinte,
Pâlir, souffrir un affamé,
Ayez pitié. La pitié sainte
Fait de l'homme un roi couronné.

Jean AICARD

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