Quarantaine passée, je ne veux renoncer
Aux joies de l'existence. Je ne suis point vestale
Mais plutôt passionnée et ce doux verbe aimer
Comment le conjuguer quand on n'est pas banale ?
Un mari libertin m'a ruinée, délaissée...
Bannie par ses fautes d'un milieu social,
Dans celui où je vis assez dépaysée
Je ne puis rencontrer mon amour idéal.
D'éducation parfaite, raffinée, romancière,
Je manque des vertus qui honorent mes soeurs.
Je n'ai point qualités de bonne ménagère.
Sont-elles indispensables pour conquérir un coeur ?
Est-ce là une tare ? A mon rêve un obstacle ?...
Il est vrai, je suis pauvre, il ne me reste rien
Hormis gaieté, douceur et mon coeur par miracle...
Oh ! Claude Maresca, Egide tutélaire
Des âmes solitaires, vous ferez-vous l'écho
De l'appel véhément que par hebdomadaire
Je lance à un mécène doublé d'un Roméo ?
Je serai sa fidèle, très aimante Egérie
Il touchera mon âme au fond de ma prunelle
S'il conçoit le bonheur dans une trilogie
Où le coeur et l'esprit créent une onde charnelle
A travers les saisons. A travers toute gloire,
Au-delà des mortels, je saurai l'adorer,
Il sera mon amour, mon soutien, mon histoire,
Il sera le pays que je veux habiter.

Ici Paris - 1955

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