Des poèmes et des chats

Le chat dans tous ses états et des poèmes.

samedi 25 juillet

La chanson du bon star

Il y avait une fois un bon tsar,
De grand coeur et d'esprit prompt ;karamsine
Tout le monde l'aimait comme un père,
L'estimait comme un ami et un conseiller.

Il aimait ses enfants, le bon tsar,
Il s'occupait de leur bonheur,
Et lorsqu'il descendait du trône,
Il fuyait le faste et l'éclat de la couronne.

Il voyagea à travers le monde,
Et parcourant tous les pays,
Il n'avait qu'un bâton et un havresac,
Et il affrontait les dangers sans crainte.

Pourquoi donc quitta-t-il son pays,
L'éclat du trône et la dignité souveraine ?
Et pourquoi cherchait-il la souffrance,
Affrontait-il le chaud et le froid ?

Afin de connaître et d'apprendre partout
Ce qui est beau et ce qui est magnanime,
Afin de se perfectionner par la science
Et d'en posséder l'art ;

Et afin de pouvoir, par sa sagesse,
Éclairer ensuite tous ses sujets,
Agrandir la renommée de ses enfants
Et leur apprendre l'art de la vie.

O toi, grand tsar et héros,
Pierre, premier prince du monde,
On aurait beau fouiller tout le monde,
On en trouverait pas un second comme toi !

KARAMSINE

Nicolas-MichaïlovitchNicolas-Michaïlovitch Karamsine naquit le 1er décembre 1766 dans le voisinage de Simbirsk, où son père possédait un domaine. Il reçut une éducation scientifique et distinguée sous la direction du professeur Schader, à Moscou, et se rendit ensuite à PétersbourgPétersbourg où il servit pendant quelque temps dans la garde impériale, puis il se consacra exclusivement aux sciences et aux lettres. D'une activité prodigieuse, d'un talent si souple qu'il pouvait aborder avec succès tous les genres, il fut poète, historien, annaliste, journaliste, et excella dans tout ce qu'il aborda. Son style, d'une simplicité, d'une limpidité remarquable, était une réaction contre les écrivains ampoulés et lourds qui avaient jusqu'alors tenu le premier rang en Russie. Nommé historiographe de l'empire en 1804, il composa son Histoire de la Russie, qui fit époque et fut traduite en plusieurs langues. Parmi ses autres oeuvres, il faut citer ses Lettres d'un voyageur russe, relation de ses voyages en Suisse, en France, en Angleterre. Ce dernier ouvrage est devenu classique en Russie. Il n'en est pas de même de ses nouvelles et de ses romans qui sont tombés dans l'oubli. Comme poète, Karamsine a surtout le mérite de la facilité.

Charles SIMOND

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mardi 23 juin

La goutte de pluie

L'été brûlant faisait sécher sur pied les blés.
Promenant sur son champ ses regards désolés,
En vain le laboureur attendait qu'un nuage
Envoyât à la terre un bienfaisant orage.
Tout mourait, faute d'eau : les plantes et les fleurs
(La sécheresse étant le pire des malheurs).

- "Pauvre homme, dit là-haut une goutte de pluie,
Il me fait de la peine, et son front qu'il essuie
Est couvert de sueur. Peut-être a-t-il compté
Sur la récolte ou bien en a-t-il escompté
D'avance le produit !...Si j'y portais remède ?..."
- "Eh ! sotte, que veux-tu qu'il fasse de ton aide ?
Dit sa proche voisine. Est-ce point vanité
De croire qu'à toi seule, au milieu de l'été,
Tu puisses corriger le temps, petite goutte ?"
- "Petite, il est bien vrai. Je ne suis rien sans doute ;
Mais qui prête secours fait toujours son devoir.
Suis cette loi, ma soeur. Je descends, au revoir."
- "Reste donc." - "Non, j'y vais." - "Mais c'est pure folie !"
- "Adieu ! je crois qu'il faut que je me sacrifie !"

Elle tombe, et son poids la fait choir sur le nez
Du pauvre laboureur qui s'écrie étonné :
- "Serait-ce par hasard un prélude d'averse ?"
Il va conter la chose, d'espoir on se berce.
Cependant l'autre goutte à son tour se disait :
- "Pourquoi n'aurais-je point ma part de ce bienfait ?"

Elle roule et l'envie accélère sa chute.
De goutte en goutte alors on s'excite à la lutte,
La jalousie aidant. Moins d'un quart d'heure après,
Une pluie abondante inondait les guérets.

Petits, prêchez d'exemple ; en discours infertiles
Ne perdez pas le temps, et vous serez utiles.

Charles SIMOND

gouttes

Posté par choupanenette à 16:59 - Les fleurs, la nature, les arbres... - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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samedi 06 décembre

La poupée de Suzanne

Suzanne a bien joué ; maintenant elle est lasse
Et dans le grand fauteuil s'enfonce et se prélasse.
Cependant elle garde encore son maintien :
C'est pour donner l'exemple à celle qu'elle tient
Doucement par la main "de peur que l'on ne tombe",
Car c'est à la maman que cette tâche incombe :
Suzanne le sait bien.

Dans ses grands yeux d'azur on lit toute son âme
Et l'on y voit briller cette céleste flamme
Qu'allume le bonheur d'avoir sur ses genoux
Un bébé que l'on choie et que l'on sait "à nous".
Bébé charmant ! Suzanne adore sa poupée
Et tout le long du jour elle en est occupée
Avec un soin jaloux.

Pensive et souriante, à quoi donc songe-t-elle ?
Serait-ce à ses chiffons de soie et de dentelle ?
A ce grand bal d'enfants où l'on doit l'inviter,
Où ses petits cousins vont la faire sauter ?
Suit-elle en son esprit sa naïve chimère ?
Oh ! non : Suzanne pense à sa petite mère
Et voudrait l'imiter.

"Poupée, écoute : on est pour moi plein de tendresses
Et ce n'est que bonbons, cadeaux, jouets, caresses,
A Pâques, à Noël, au premier de l'an.
Papa me donne alors chaque mois un sou blanc ;
Puis maman après lui me comble de dragées ;
Mes tantes  leur tour en arrivent chargées ;
Tous me font leur présent.

"C'est que, comme maman, je tâche d'être bonne
Et que je n'ai jamais fait de mal à personne.
Je suis obéissante et je fais mon devoir ;
J'apprends bien ma leçon le matin et le soir ;
Personne ne me gronde ; et, quand je me repose,
Maman, dont le baiser sur mes lèvres se pose,
M'appelle son espoir.

"Sois mon espoir aussi, ma petite poupée.
A me faire plaisir sagement appliquée.
Garde-toi, mon amour, de tous mauvais penchants ;
Évite les regards et les gestes méchants ;
Et si tu sais rester bonne petite fille,
Nous irons au printemps, quand tu seras gentille,
Cueillir des fleurs aux champs."

Charles SIMOND

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Posté par choupanenette à 08:29 - La vie, sentiments, famille, regrets.... - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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mardi 24 juin

MIGNON

Connais-tu le pays, où croît le citronnier,
Où l'orange mûrit sous le sombre feuillage,
Où le vent est si doux, le ciel bleu sans nuage,
Où près du myrte en paix se dresse le laurier ?
Ami le connais-tu ? C'est vers ce pays même
Que je voudrais, je voudrais, moi,
Partir ! oh ! partir avec toi,
Avec toi seul que j'aime !

Connais-tu le palais ? le portique en entrant ?
La salle où mille feux scintillent et flamboient ?
Les chevaliers de marbre, aux regards qui me voient,
Disant : "Que t'a-t-on fait ? pauvre petite enfant."
Maître, le connais-tu ? C'est vers ce palais même
Que je voudrais, je voudrais, moi,
Partir, oh ! partir avec toi,
Avec toi seul que j'aime.

Connais-tu la montagne et ses sommets altiers ?
Le mulet dans la nue y cherche son passage,
Le noir dragon, son antre. Avec un bruit d'orage
Le torrent y mugit, roulant des rocs entiers.
Père, la connais-tu ? C'est par ce chemin même
Que je voudrais, je voudrais, moi,
Partir, oh ! partir avec toi,
Avec toi seul que j'aime !

Charles SIMOND

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Posté par choupanenette à 11:44 - Rondeaux, ritournelle, chansons - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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lundi 14 avril

Blanc et Noir

L'un avait sur la tête un de ces paniers plats
Qui servent au transport des pâtés délicats.
L'autre avait sur l'épaule un long tuyau de poêle.
Ils allaient fredonnant : l'un, habillé de toile,
D'une blancheur de neige, et propre et tout coquet ;
L'autre, plus noir qu'un diable et de mise et d'aspect.
Au détour d'une rue on se heurte, et voici
La bataille engagée : - "Ah ! coquin, prends ceci !
- Tiens, attrape cela !" - Les coups aux coups succèdent.
Pare et riposte. On voit que des deux poings ils s'aident.
Le petit gâte-sauce en est devenu  noir.
Le ramoneur est blanc de colère. A les voir,
On dirait que tous les deux veulent troquer leur rôle.
Pendant ce temps un chien - la farce est vraiment drôle -
Flairant la bonne chère aperçoit le panier,
Et saisit le pâté qu'il dévore en entier.

Charles SIMOND

Posté par choupanenette à 18:56 - La vie, sentiments, famille, regrets.... - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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