Des poèmes et des chats

Le chat dans tous ses états et des poèmes.

mercredi 29 juillet

Chant des bardes armoricains

Chantons, Bardes, chantons sans cesse,
Tous les jours que le Ciel nous laisse
Encor,

Le saint pays de la verveine,
Notre terre antique et sereine,
L'Armor !

Nos forêts, leurs voûtes austères,
Au milieu, nos géantes pierres
Debout,

Notre mer noire, âpre, profonde
Qui se brise aux rocs qu'elle inonde
Et bout.

Chantons la blanche jeune fille
Coupant de l'or de sa faucille
Le gui,

Tous ramassent, le saint feuillage,
Ils ont force, santé, courage,
Par lui.

Chantons nos brises caressantes
Et les cavernes effrayantes,
Des monts,

Et les prêtresses en prières
Couronnant de roses de bruyères
Leurs fronts.

Chantons, Bardes, chantons sans cesse,
Tous les jours que le ciel nous laisse
Encor,

Le saint pays de la verveine,
Notre terre antique et sereine.
L'Armor !

Anne-Marie G. de H.

Blanche

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samedi 14 mars

Chez Nous !

Rien de frivole, ici, de mesquin, de banal...
Tout est vrai, simple, grand, gravement idéal.
Dans l'air, une tristesse âpre et silencieuse
Faite de souvenirs, plane, mystérieuse...
A terre, des genêts, des verveines parfois,
Et de sombres ajoncs d'où jaillissent des croix.
Au ciel, un doux soleil, dont les paisibles flammes,
En pénétrant les coeurs, savent mûrir les âmes.
Sur le bord de l'étang, au-dessus du lavoir,
Ancré dans le granit du sol, le vieux manoir
Soutient, solide et fier, les assauts de la brise...
Sur ses tours au front gris moussu, tien n'a de prise,
Depuis quatre cents ans le vent rageur s'y brise !
Ainsi sait résister quand il faut dire non
L'inébranlable et fier entêtement breton !
Près du château massif, le fin clocher s'élève :
Dieu gardant le passé, du Breton c'est le rêve !...
Les femmes ont ici d'austères vêtements,
Une étrange grandeur en tous leurs mouvements,
On croirait voir autant de nobles châtelaines
Rêvant au Saint-SépulcreSaint-Sépulcre, aux chrétiens dans les chaînes,
Et filant en priant Dieu d'adoucir leurs peines...
Ces filles des Croisés ne baissent leurs blancs fronts
Qu'en se signant, devant les croix des noirs ajoncs.
Elles n'ont que dédains, pour la mode nouvelle,
Et portent fièrement la coiffe de dentelle.
Les hommes sont rêveurs et ne se  livrent pas ;
Quand ils sont réunis, ils se parlent tout bas,
Craignant qu'on les écoute, et leur oeil est farouche,
Et c'est avec regret qu'un mot sort de leur bouche.
Le passé... l'avenir... rien d'autre ne les touche !
Ils semblent, toujours prêts, n'attendre qu'un signal
Pour s'en aller sans peur... conquérir le Saint-GraalSaint-Graal !

Méprise l'étranger qui te fuit, triste terre !
Garde pour tes enfants ton auguste mystère !

Anne-Marie G de H.

marthon2

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mercredi 21 janvier

Fleur séchée

Chère petite fleur ! Te souvient-il encore
De la mousse où brillait ton calice d'azur ?
Du grand mont de granit que le doux soleil dore,
Et des arceaux brisé s'élançant dans l'air pur ?
Dis-moi, te souvient-il de la grotte profonde
Où personne jamais n'avait osé rester ?
Car... on disait... ô ciel !...que là... l'esprit immonde,
Résidait... bien des gens auraient pu l'attester !
Et toi, n'as-tu point vu, parfois, dans les nuits sombres,
Des arceaux ténébreux, restes d'un vieux couvent,
Sortir, bien lentement, un long cortège d'ombres
Qui semblent s'envoler sur les ailes du vent ?
Ces ombres, en passant, blanches... que faisaient-elles ?
Sans doute, le Seigneur les envoyait bénir
Et sa vieille Armorique et ses Bretons fidèles...
Tu les voyais au ciel dès l'aube revenir...
Mais quand elles passaient au-dessus de la grotte,
Ah !... comme tu devais, ma fleurette frémir
Au bord de ton ruisseau qui dans l'ajonc sanglote,
Dis... n'entendais-tu pas, alors... le sol gémir ?

Anne-Marie G. de H.

Sept2008_064

Posté par choupanenette à 14:03 - Les fleurs, la nature, les arbres... - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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vendredi 24 octobre

L'Angelus - A ma bretagne

Le soleil est couché, pourpre, or, ardente flamme,
Tout s'est évanoui, là-bas, à l'horizon ;
Une douce lueur règne à présent, et l'âme
En est comme imprégnée... Au vacarme sans nom
Où se mêlait la voix de chaque créature,
Les arbres se choquant et les soupirs du vent,
Succède maintenant, dans toute la nature,
Une paix sans mélange, un saint recueillement.
L'air est pur, le vent dort. L'angélique lumière
De la lune paraît lampe de sanctuaire.
Il semble qu'ici-bas rien n'ose frissonner.
On adore, on attend, l'Angélus peut sonner,
Il sonne, écoutez bien... Du clocher de dentelle,
Les sons s'envolent un par un.
O ! suave harmonie ! O ! voix surnaturelle,
Comprise pourtant de chacun !
Dans l'air et sur l'étang la sainte sonnerie
Glisse, plane, et se perd au lointain.
En l'écoutant, chacun de célébrer Marie,
Éprouve le secret besoin.
L'univers tout entier semble prier sa Reine.
Odorant et silencieux,
On sent monter des fleurs la pénétrante haleine,
L'hymne des coeurs monter aux cieux,
Et sur le ciel d'albâtre, on voit des ailes d'ange.
Sur terre une intense blancheur,
Et le svelte clocher, pilier d'ivoire, étrange,
Protège le château rêveur.
O ! moment fugitif ! O ! bienfaisante trêve !
Ce n'est ni la nuit, ni le jour,
On ne sait si l'on veille, on ne sait si l'on rêve,
On sent du mystère alentour !
On dirait que, légers, sur les rayons de lune,
Des esprits viennent... à genoux,
Des dames d'autrefois, dont peut-être quelqu'une
Fût châtelaine de chez nous !
Le manoir la connut jadis en sa jeunesse.
On voit frissonner son vieux front.
Couronné de rosiers, sous la blanche caresse.
L'étang pousse un soupir profond.
Oh ! nous vous saluons, châtelaine bretonne,
Blanche sous votre long hennin.
Priant au son béni de la cloche qui sonne.
Un nuage est votre coussin.
Mais la cloche se tait... Terreurs de la légende,
Emparez-vous du pays endormi.
Déjà les korrigans s'avancent sur la lande.
La lune se voile à demi.

Anne-Marie G. de H.

Nain

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jeudi 21 février

Manoir et Chapelle

Imposant nid de châtelaines,
Vieil infirme, encor debout,
Tes créneaux dominent les plaines,ascension
Et tu peux voir jusque chez nous...
On dit même qu'en temps de guerre,
De chez toi dans notre manoir,
On se réfugiait naguère,
Par un long souterrain bien noir...
On dit qu'aujourd'hui le passage
Existe encor... mais on a peur !
Le réparer, c'est trop d'ouvrage,
D'argent, même pour un seigneur !
Les fêtes du castel en joie,
Faisaient résonner la grand'cour...
On entend plus que glousser l'oie,
Et les choux viennent tout autour !
Aux mâchicoulis des tourelles,
Cent archers veillaient autrefois !
Aux balcons, mille demoiselles
Applaudissaient les fiers tournois !
Les mâchicoulis ne contiennent
Aujourd'hui que de blancs pigeons ;
Les chauves-souris vont et viennent
Parmi le lierre, aux vieux balcons...
Mais à côté, l'humble chapelle
Fait toujours scintiller sa croix...
Son Dieu toujours habite en elle,
Et toujours résonne sa voix...
Toujours l'encens, toujours les cierges,
Les mêmes chants religieux...
On prie aux pieds des mêmes vierges,
Qu'y venaient prier les aïeux...
Les ans, les siècles qui s'écoulent,
Ne font rien chez nous, au saint lieu !
Les châteaux des hommes s'écroulent,
Mais non pas la maison de Dieu !

Anne-Marie G. de H.

Posté par choupanenette à 09:10 - Astrologie, Religion, Fêtes - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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