dimanche 22 juin
Maman
Quand être frêle et sans défense
Tu vins au monde en vagissant,
Tu n'as rien su de la souffrance
Dont tu fis don par ta naissance
A celle qui fut ta maman !
Puis tu grandis et ton enfance
Ne fut qu'un long et dur tourment
Pour la femme dont l'assistance
A protégé ton innocence
Et dont le nom se dit : - Maman.
Quand arriva l'adolescence
Et qu'alors l'amour s'en mêlant
Tu t'échappas du nid d'enfance...
Dès que tu connus la souffrance
Tu t'en revins vers ta maman.
Et plus tard, loin de ton enfance
Quand la mort un jour en passant
Fera signe à ta sénescence,
Au seuil alors du grand silence,
Tu l'évoqueras ta maman !
vendredi 12 octobre
Je t'aime
Doucement dans tes bras quand ma tête repose,
Quand mon coeur fait silence et se laisse bercer,
Quand ta main sur mon front, en l'effleurant se pose,
J'aime à laisser le temps courir et s'effacer.
D'ailleurs que compterait à ce moment une heure,
Une heure, une minute ou bien l'éternité ?
Que m'importe le temps si près de moi demeure
La suprême douceur de ta fidélité.
J'avais longtemps erré, sceptique et solitaire,
Me refusant l'espoir de rencontrer sur terre
Auprès d'un être aimé le repos du bonheur.
Je t'aime et dans tes yeux reflétant ma tendresse,
Je lis dans tes regards pâmés sous ma caresse,
Qu'il est doux de n'avoir pour nous deux qu'un seul coeur !
A. LEPELLETIER (Coutainville, 1921)
mercredi 12 septembre
Prière d'Amour
Viens, je connais des mots que j'aimerais te dire,
Des mots simples et doux qui berceront nos coeurs ;
Viens, ces mots ne sont pas de ceux qu'on peut écrire,
Il leur faut du soleil, ton sourire et des fleurs.
Viens, tout près ! Prends ma main ! Place sur ma poitrine
Ta tête et laisse la tendrement s'y poser ;
Ferme tes beaux yeux clairs et permets, ma divine,
Que dans un geste aimant j'y dépose un baiser !
Seigneur, elle repose ! Elle est mienne ! Elle est belle !
Je l'aime ! O permettez que la douleur cruelle
N'arrive, en l'effleurant, jamais à l'éveiller...
Son front ne fut pas fait pour subir la souffrance !
O laissez-moi, Seigneur, jouir dans le silence
Du bonheur merveilleux de pouvoir la veiller.
A. LEPELLETIER (Vervins, 1912)



























