jeudi 18 octobre

Une grande âme

Dans la foule, secrètement,Dieu parfois prend une âme neuve,Qu'il veut amener lentementJusqu'à lui, d'épreuve en épreuve. Il la choisit pour sa bonté,Et lui donne encore en partageLa tendresse avec la fierté,Pour qu'elle saigne davantage. Il la fait pauvre, sans soutien,Dans les rangs obscurs retenue,Cherchant le vrai, voulant le bien,Pure toujours, - et méconnue. Il fait plier sous les douleursLe faible corps qui l'emprisonne ;Il la nourrit avec des pleurs,Que nulle autre âme ne soupçonne : Il lui suscite chaque jour,Pour... [Lire la suite]
Posté par choupanenette à 08:31 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

lundi 16 avril

Le port aperçu

Révélant le réel et l'amour désirés,Que voilait la terrestre et funèbre poussière,Au vrai jour, entrevu des Mages inspirés,La Mort libératrice ouvre notre paupière. Elle unit à jamais en des transports sacrés,Au sein de l'infini, les âmes de lumière,Les coeurs toujours brûlants et les sens épurés !- Et la Mort nous apprend la vérité première. Esclaves, jusque-là, du doute et de la chair,Toujours plus altérés d'air pur et de ciel clair,A travers les dégoûts et les incertitudes. Poursuivons, triomphants et meurtris tour à tour,Des... [Lire la suite]
Posté par choupanenette à 09:10 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,
lundi 04 octobre

La chanson des chênes

Chantez aux enfants la chanson des chênes. Nous avons poussé, les beaux arbres verts,Libres au soleil, dans les forêts franches.Une âpre santé fleurit dans nos branches,Nous buvons à même aux grands cieux ouvertsLe sang de nos veines. Chantez aux enfants la chanson des chênes. Nous avons saigné par bien des endroits,Quand les vents jaloux nous livraient bataille ;Mais ils n'ont pas pu courber notre taille ;Nos coeurs sont intacts, nos fronts restent droits,Nos cimes hautaines. Chantez aux enfants la chanson des chênes. ... [Lire la suite]
Posté par choupanenette à 16:54 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , ,
vendredi 21 mai

La fontaine

C'était dans l'épaisseur du bois le plus profond,Une source coulait et murmurait au fondSur un lit de sable ou de pierre ;Et quand je fus auprès, sans que je visse rien,Une voix m'appela, disant : "Regarde bien,C'est la fontaine de ton Père." Oh ! je courus alors ; j'étais plein de bonheur,Car j'avais bien souffert de l'ardente chaleur,Et ma lèvre était tout en flamme.J'arrivai, mais à peine eus-je effleuré les bords,Qu'un frisson douloureux me saisit tout le corps, J'étais en face de mon âme. Et dans ce moment-là les... [Lire la suite]
Posté par choupanenette à 08:26 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,
mardi 08 avril

Ma pauvre âme n'est qu'un navire

Tu m'as dit simplement : "Je t'aime".Ces mots fanés, toujours les mêmes,Servent à d'autres chaque jour.Mais quand ta lèvre les soupire,Ma pauvre âme n'est qu'un navire Sur l'Océan de ton amour. Un navire sans équipageIgnorant le but du voyageFrêle esquif, jouet des serments,D'une humeur peut-être perfide,Mais qui vogue sans cesse avide,Avec l'espoir pour talisman. Tu peux le traiter en esclave,N'en faire qu'une sombre épave,Devancer l'heure de la mort.Tu peux conduire à la détresseCette cargaison de tendresse,O toi, seul maître de... [Lire la suite]
Posté par choupanenette à 17:02 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,
mercredi 27 février

Beauté

Toi qui brille enfoncée au plus tendre du coeurBeauté, fer éclatant, ne me sois que douceurOu si tu me devais être une chose amèreEn aucun temps du moins ne me sois étrangèreBrûle et consume-toi, mon unique soleilQue, ton dur javelot, ton javelot vermeilDardant de jour en jour une plus pure flammeJe sois régénéré jusque au fard de l'âmeEt même ma raison folle de te sentirNe reconnaisse plus si c'est vivre ou mourir. Charles MAURRAS (1868/1952)
Posté par choupanenette à 08:20 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,
vendredi 15 février

SEULE

Voyez-la s'avancer sur le bord de la route,Puis s'arrêter soudain, humble et le front baissé.Peut-être dans son coeur la pauvre vieille écouteLes échos affaiblis des voix de son passé. Elle marche isolée, oublieuse des heures,Partie au grand matin, surprise par le soir,Elle n'approche pas des rustiques demeuresOù sur le banc de bois l'étranger peut s'asseoir. Le crépuscule ami descend sur la feuillée ;Dans le clocher s'émeut l'appel de l'angélus,Mais vous ne verrez pas la vieille agenouillée...L'âme ne peut prier quand l'oeil ne... [Lire la suite]
Posté par choupanenette à 12:19 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,
vendredi 24 août

Jamais

Jamais, avez-vous dit, tandis qu'autour de nousRésonnait de Schubert la plaintive musique ;Jamais, avez-vous dit, tandis que, malgré vous,Brillait de vos grands yeux l'azur mélancolique. Jamais, répétiez-vous, pâle et d'un air si doux,Qu'on eût cru voir sourire une médaille antique.Mais des trésors secrets l'instinct fier et pudiqueVous couvrit de rougeur, comme un voile jaloux. Quel mot vous prononcez, marquise, et quel dommage !Hélas ! je ne voyais ni ce charmant visage,Ni ce divin sourire, en vous parlant d'aimer. Vos yeux bleus... [Lire la suite]
Posté par choupanenette à 16:27 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,