vendredi 02 mai

Les tragiques

Si quelqu'un me reprend que mes vers échauffésNe sont rien que de meurtre et de sang étoffés,Qu'on n'y lit que fureur, que massacre, que rage,Qu'horreur, malheur, poison, trahison et carnage,Je lui réponds : Ami, ce mots que tu reprendsSont les vocables d'art de ce que j'entreprends ;Les flatteurs de l'amour ne chantent que leurs vices,Que vocables choisis à prendre les délices,Que miel, que ris, que jeux, amour et passe-temps,Une heureuse folie à consommer son temps.Ce siècle autre en ses moeurs demande un autre style.Cueillons des... [Lire la suite]
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lundi 28 avril

La cavale

O Corse à cheveux plats, que ta France était belleAu grand soleil de Messidor !C'était une cavale indomptable et rebelle,Sans frein d'acier ni rênes d'or ; Jamais aucune main n'avait passé sur ellePour la flétrir et l'outrager ;Jamais ses larges flancs n'avaient porté la selleEt le harnais de l'étranger. Tout son poil était vierge ; et, belle vagabonde,L'oeil haut, la croupe en mouvement,Sur ses jarrets dressée, elle effrayait le mondeDu bruit de son hennissement. Tu parus ; et, sitôt que tu vis son allure,Ses reins si souples et... [Lire la suite]
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mercredi 09 avril

Rosier marguerite

Le rosier refleurit qu'on avait cru mourant ;Il suffit que l'enfant revienne lui sourire...Et le vent rafraîchi qui dans les pins soupireAgite par moments le beau choeur odorant... Les roses sous l'azur aimable de l'automneEclosent à l'envi, mais, triste en sa douceur,La colombe déjà lamente que leur soeurAux langueurs du regret demain les abandonne. Jean LEBRAU
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dimanche 06 avril

Sans-Souci

Je suis pauvre, je n'ai pas le sou,Rien ne cliquette dans ma poche ;Ma veste a plus d'un accroc,J'ai les pieds nus dans mes galoches ;Cela ne fait rien, j'ai le coeur fort,Sur mes maux, jamais ne ne pleure,Et à la fin, sans grand effort,La mort achèvera mon malheur. Mais je me moque de tout,Je peux vivre partoutL'âme contente.Sans aucune plainte,J'ai su arranger mon sortPour vivre jusqu'à la mort. Je dors au chaud, je dors au froidSans couverture et sans paille, En regardant les étoiles ;Abrité contre une muraille,Là, je dors... [Lire la suite]
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vendredi 28 mars

Sérénité

De notre esprit chassons toutes pensées moroses Ne passons pas sans voir la vraie beauté des chosesAttardons-nous longtemps sur la splendeur des rosesExhalant leur parfum encore à peine écloses. Allons nous égarer parfois dans la forêtLorsque dans le matin, le gai chardonneretModule sa chanson ; que la biche égaréeA notre vue soudain, bondit sur ses jarrets. Ecoutons du ruisseau son éternel murmureDésaltérons-nous à la source si pureCueillons fruits et fleurs offerts par la natureEt cachons nos amours aux creux de la verdure. ... [Lire la suite]
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lundi 24 mars

Rien ne va plus - On vient de fermer plusieurs maisons de jeu

Tenanciers et croupiersOnt senti dans leurs pieds,L'autre jour, une épine, Quand ils virent fermer Leurs cercles alarmésPar ordre de Lépine. "Hélas ! rien ne vas plus !Dirent-ils, éperdus,Avec des airs tragiques.Sans espoir de retour,Bouclons nos malles pour Filer vers la Belgique ! "Faisons vite un plongeon !Renonçons aux pigeonsQue l'on plumait naguère,Et cessons pour un tempsDe rafler tant et tantLe doux nerf de la guerre ! "Adieux donc, chers gogosQui venez tout de goDedans nos attrapoiresEt qui, dans nos... [Lire la suite]
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lundi 24 mars

La voie lactée

Une nuit, Attila, le cavalier de Dieu,Avait laissé surprendre et cerner ses armées.Le serrant, l'étouffant dans un cercle de feu,Autour de lui grondaient les forêts enflammées. Les ennemis vainqueurs choquaient leurs boucliers ;La terre, au loin, tonnait du lourd fracas des armes.Attila regardait périr ses cavaliers,Et ses grands yeux brûlants se rougissaient de larmes. Ses femmes se roulaient devant son cheval noir,Et cachaient dans leurs mains leur tête échevelée.Or le vieux chef, voyant qu'il n'était plus d'espoir,S'allait, pour... [Lire la suite]
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dimanche 16 mars

Le pêcheur

Comme un pêcheur debout sur la rive profonde,Dieu, sur le bord du ciel devançant le matin,Jette - immense filet - chaque jour sur le mondeEt l'entraîne, le soir, plein d'un sombre butin.Ceux-là que nous aimons, ce sont ceux qu'il emporte :Ce qu'il en fait là-haut, nul ne le sait ici.- Le flot s'est refermé comme une immense porte,Entre nous et nos morts, notre éternel souci ! Armand SYLVESTRE 
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mercredi 12 mars

Rêves ambitieux

Si j'avais un arpent de sol, mont, val ou plaine,Avec un filet d'eau, torrent, source ou ruisseau,J'y planterais un arbre, olivier, saule ou frêne,J'y bâtirais un toit, chaume, tuile ou roseau. Sur mon arbre, un doux nid, gramen, duvet ou laine,Retiendrait un chanteur, pinson, merle ou moineau ;Sous mon toit un doux lit, hamac, natte ou berceauRetiendrait une enfant, blonde, brune ou châtaine. Je ne veux qu'un arpent : pour le mesurer mieux,Je dirais à l'enfant la plus belle à mes yeux :"Tiens-toi debout devant le soleil qui se lève... [Lire la suite]
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samedi 08 mars

L'escalier de jade

La pleine lune luit sur la terre apaiséeDans la sérénité de la blanche spendeur,L'Impératrice rêve et monte avec lenteurSon escalier de jade où brille la rosée. Sa robe de satin traîne, et, très doucement,Effleure chaque marche en longs baisers qui tremblent ;Le jade et le léger satin blanc se ressemblent -L'Impératrice rentre en son appartement. Le clair de lune en son appartement pénètre ;Eblouie elle reste immobile un instant ;Les perles de cristal du long rideau flottantScintillent aux rayons qui baignent la fenêtre. Une... [Lire la suite]