Eole Déité réveille les futaies 
Sous un ciel de faïence craquelé d'argent
La forêt, comme un fauve resplendissant
Secoue sa tignasse emperlée de rosée.

L'automne étend son badigeon de rouille
Ses ors, ses bronzes et l'écarlate aussi
Quel peintre de génie est passé par ici ?
L'étang, nid de roseaux, dans son écrin sommeille.

La ligne des bouleaux secoue ses pièces d'or
Et dans le flamboiement d'un somptueux décor
Seul, un chêne garde sa verte couronne encor.

La bruyère déroule ses arabesques
Semblables à celles d'un tapis mauresque
Où le soleil dessine une pâle corolle.

Thomas CARRERE 

automne