Debout, surgie et nue encore
Devant le miroir et le feu,
Tes deux bras en anses d'amphore
Quand tu rattaches tes cheveux,

Et, que te courbant, tu soulignes
La ligne parfaite d'un dos
Dont le modelé serait digne 
Du plus dur marbre et du ciseau ;

Ou bien que tirant sur ta jambe
Ce bas qui fait plus blanche encor
Cette hanche où l'âtre flambe
Promène une caresse d'or,

Quelle ardeur nouvelle me trouble
D'un nouveau désir rallumé ?
- Ah ? dans ce miroir c'est ton double 
Que je voudrais encore aimer !

Emile HENRIOT 

 

miroir