C'est l'automne ; les hirondelles,
Craignant la rigueur des frimas,
Un jour ont déployé leurs ailes
Pour aller sous d'autres climats.

Quelques feuilles tombent à terre,
Mais sur l'arbre il en reste encor,
Et les branches, vertes naguère,
Sont maintenant des rameaux d'or.

Mais, hélas ! ces feuilles dorées
Sur le sol tomberont encor,
Alors les branches déparées
Ressembleront à du bois mort.

Les oiseaux qui, pleins d'allégresse,
Chantaient en été dans les bois,
Remplis aujourd'hui de tristesse,
Ne font plus entendre leurs voix.

Et qu'il est triste le bocage,
Le bocage silencieux,
Quand le soleil par un nuage
Vient se dérober à vos yeux !

Le laboureur fait les semailles
Et, tout en disant des chansons,
Du sol déchire les entrailles
Pour avoir de belles moissons.

Déjà, de l'hiver la froidure
Commence à se faire sentir ;
Les herbes ont vu leur verdure,
Plus d'un matin brumeux, blanchir.

C'est l'automne, le poitrinaire
Regarde tomber tristement
Les feuilles ; la mort, d'ordinaire,
Dans cette saison le surprend.

Moi, poète, je prends ma lyre.
J'ai chanté les fleurs du printemps,
Aussi maintenant vais-je dire
De l'automne les mauvais temps.

P. JANNIN 

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