Effeuille, sur l'eau triste où ton rêve se mire,
La fleur des souvenirs que l'amour t'a laissés.
Revois vos fronts unis, vos bras entrelacés ;
Ne ferme pas ton âme au cri qui la déchire.

Que le goût du tilleul et le parfum du buis,
Le sourire pâli d'une antique statue,
Te rendent dans le son de la voix qui s'est tue
La divine fraîcheur de tes printemps enfuis !

Mais, effeuillant trop fort un souvenir trop tendre,
Prends garde de troubler en sa sérénité,
Par le frisson furtif d'un émoi suscité,
L'eau morte du passé qui ne veut plus t'entendre.

André FOULON de VAULK

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