La neige couvre au loin la terre, 
Au dehors, l'aquilon mugit
Et, dans la grotte solitaire, 
L'enfant Jésus pleure et vagit.

Ah ! si du moins la voûte obscure
Rejoignait ses deux arceaux gris !
Mais un des murs de la masure
Jonche le sol de ses débris.

La neige, par le vent lancée,
Voltige dans l'intérieur,
Sur son humble couche glacée
Frissonne le très doux sauveur.

Et l'aimante vierge Marie,
Près du front de l'Enfant divin,
Recueille une larme attendrie
Dans le creux tremblant de sa main,

Elle murmure une prière
En élevant les yeux au ciel,
Puis laisse toucher sur la terre
Cette larme de l'Eternel.

Beau prodige ! à cette rosée,
Par la puissance du Très-Haut,
De la terre à peine arrosée,
Un lierre s'élève aussitôt.

L'arbuste, à la voûte inclinée,
A jeté ses rameaux touffus
Et, dans la grotte abandonnée, 
La neige ne pénètre plus.

Le feuillage couvrant la brèche
Arrête le noir tourbillon,
Et l'enfant Jésus dans sa crèche
Dort à l'abri de l'aquilon.

Or, depuis ce moment, le lierre
Au milieu des froids des hivers,
Quand tout feuillage gîte à terre,
Garde ses rameaux toujours verts.

M. X. 

virgin_mary