Dans leurs berceaux, près de leur mère,
Quand dorment les petits enfants,
Ne croyez pas que sur la terre
Restent ces endormis charmants ;

Non, non ; toujours des Anges viennent 
Qui les emportent dans leurs bras,
Et qui dans les cieux leur apprennent 
De beaux jeux qu'ils ne savaient pas.

Et, quand la mère se réveille 
Et veut voir entre ses rideaux
Son petite enfant qui sommeille,
La nuit, dans un heureux repos,

Les Anges vite le ramènent,
Dans son lit le recouchent bien,
Et près du berceau s'entretiennent 
Sans que la mère en sache rien.

Ainsi s'envolent ces années,
Au vol rapide et gracieux ;
Ainsi ces charmantes journées,
Dont la moité s'égare aux cieux.

Mais, dès qu'une faute première
A flétri leurs douces vertus,
Les enfants restent sur la terre,
Les Anges ne reviennent plus !

Léon GAUTIER

kolibelna