Ce bouquet nuptial fut peint par l'épousée,
D'un pinceau d'amateur, mais ferme et délicat ;
Toutes ces fleurs vraiment ont le timide éclat
De celles que l'on cueille humides de rosée.

Le bouquet qui s'effeuille au déclin d'un beau jour
Exprimait mal pour elle une chose qui dure ;
Alors elle a voulu des roses en peintures,
Qui ne se fanerait pas plus que son amour.

Le temps peut enlever aux nattes quelques mèches,
L'angoisse peut ternir et cerner de ses plis
Le visage qui veille auprès des petits lits,
Les roses de l'amour resteront toujours fraîches.

René PRESLEFONT

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