Dans ses habits troués, près de l'âtre sans flamme,
La pauvre Cendrillon veille seule au logis,
Sans essuyer ses yeux par les larmes rougis,
Sans pouvoir surmonter la douleur de son âme ;

Les grillons familiers taisent leur chant tremblant,
Le silence profond fait l'ombre plus épaisse,
Cendrillon cependant, du fond de sa tristesse,
Espère encor et voit le bal étincelant.

Ainsi ! l'Humanité, qui trouve sur sa route
Tant de jours assombris de tristesse et de doute,
Ne se lasse jamais de son rêve ingénu ;

Mais elle attend, le front courbé sous la souffrance,
La Fée au doux regard, le Génie inconnu
Dont la robe aux plis d'or renferme l'espérance !

PORTEVIN

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