Lorsque le beau printemps se revêt de verdure,
Que l'eau coule en chantant près des frêles roseaux,
Que le ciel est d'azur, que les petits oiseaux,
De leurs tendres chansons, célèbrent la nature,
Fleurs, vous apparaissez et parfumez le coeur !...
Oh ! tout le monde, alors, vous aime et vous admire !...
Je suis jaloux de vous... Pour que l'on me désire !...
Je voudrais être fleur, je voudrais être fleur !...

C'est toi petite fleur, que, de sa tendre lyre,
Un doux rêveur, célèbre en vers harmonieux.
Le poète te chante en la langue des dieux,
Car ton suprême éclat le captive et l'inspire...
Ton parfum enivrant sait ranimer son coeur,
Ta beauté sait chasser les pleurs de sa chambrette
Pour être célébrée ainsi par le poète,
Je voudrais être fleur, je voudrais être fleur !...

Au temple du Seigneur, c'est devant vous qu'on prie,
Qu'on implore à genoux une place au grand ciel.
Devant vous, car c'est vous qui décorez l'autel
De notre mère à tous, de la Vierge Marie.
Lorsque je vous là, je sens battre mon coeur
Et je dis malgré moi, en un profond mystère :
"Pour avoir une place aussi près de ma Mère,
Je voudrais être fleur, je voudrais être fleur !..."

O fleurs, c'est encor vous que, sur les mausolées,
En souvenir des morts, on étale en tapis...
Et quand vous n'êtes pas sur les tertres bénis,
Ces tombes sont alors tristes et désolées.
Oh !... de ces pauvres morts, pour réchauffer le coeur,
Amoindrir les regrets, leur tenir compagnie,
Pour donner aux tombeaux un petit peu de vie,
Je voudrais être fleur, je voudrais être fleur !...

Gustave MONTSEC

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