Si j'avais été Christ, découragé d'offrir
Mes jours pour racheter au ciel un peuple infâme,
N'ayant trouvé d'ami qu'un coeur impur de femme,
Pour toi seule, ô Magda, j'aurais voulu mourir !

Pour ta soif seulement, j'aurais laissé s'ouvrir
Une source à mon flanc rougissant sous la lame,
Et, pour ta seule faim, pétri le pain de l'âme
Dans ta chair fraternelle et lasse de souffrir.

J'aurais, - insoucieux du nom dont on me nomme, -
Été Dieu seulement pour t'aimer mieux qu'un homme,
En de plus chauds baisers et des feux plus ardents,

Pour t'apporter l'oubli des terrestres ivresses,
Et, comme le fruit d'or d'immortelles caresses,
Pour tendre, avec mon coeur, le ciel même à tes dents !

Armand SYLVESTRE

cerisier