Tom et Minette étaient deux bons amis.
Il fallait les voir endormis
Côte à côte, le chien tenant sa grosse patte
Sur le nez rose de la chatte !
Quand ils jouaient ensemble, ah ! qu'ils étaient heureux !
Jamais une querelle entr'eux.
Et ce couple était un modèle
De l'amitié tendre et fidèle.

Un jour, Minette eut des petits,
Qu'on trouva pleurants et blottis
Dans la paille, et qu'on fut noyer dans la rivière.
La mère en ce moment dormait et ne vit rien,
Mais son ami, le bon gros chien,
Près de la berge, assis, sur son derrière,
Compris tout, semble-t-il, fort bien,
Car il s'en revint triste, et caressa Minette
Qui s'éveillait à peine et faisait toilette.

Quand elle découvrit son malheur, Dieu ! quels cris !
Les gens de la maison étaient tous attendris.
Elle cherchait partout, elle pleurait sans cesse,
Et le chien la suivait, partageant sa tristesse.

Hélas ! rien ne la consola !
Mais, Tom, à quelques jours de là,
Vit, en traversant le village,
Un pauvre petit chat que d'affreux polissons
Tourmentaient de mille façons,
Faisaient souffrir, crier, pleurer, mettaient en rage.
Le pauvre petit chat, déjà mort à moitié,
Hérissé, queue en l'air, sanglant, lui fit pitié !
Au milieu des bourreaux surpris, le chien s'élance,
Prend le chat par la peau du cou,
Et sans s'inquiéter beaucoup
Des injures qu'on dit et des pierres qu'on lance,
Il rapporte à la chatte heureuse - un nourrisson !

Ah ! mes enfants ! quelle leçon !
Ces gamins, de quel nom faut-il que je les nommes ?
Je ne sais, mais ce chien était un bien brave homme !

Jean AICARD

Novembre_001