L'écume de la mer
Sous ses répétés le fouet de la tempête
Cingle les flots avec fureur,
Et l’écume orgueilleuse, empanachant leur crête,
Les apostrophes de hauteur :
« Voyez, je tiens sous moi l’empire de Neptune,
Ce qu’il a de plus précieux,
Paillettes d’or, coraux, tous ses biens de fortune.
Je suis la rivale des dieux :
A Vénus Astarté j’ai donné la naissance.
Reine des océans amers,
Tantôt jusqu’au-delà des astres je m’élance,
Tantôt je m’abîme aux enfers.
Je comble de joyaux l’inconstante Amphitrite
Et rends tout l’Olympe jaloux.
Cessez, ô flots grondants, tout ce bruit qui m’irrite,
Nul ne brave en vain mon courroux. »
A ce discours le vent s’apaise et le temps change ;
Tout se tait sur l’immensité ;
L’écume sans soutien retombe dans la fange,
Image de la vanité.
Jean REMY
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