Je suis Gaïa, je suis la Terre,
Boule tourbillonnante au sein de l'univers,
Sur l'océan cosmique une bulle légère,
Un point de bleu ourlé de vert.

Je suis Gaïa, je suis la Mère,
Matrice fécondée par un sperme inconnu.
Depuis la nuit des temps j'enfantais solitaire
Pour aboutir au Singe nu.

Qu'ai-je donc fait ? Partout les hommes
Me souillent et me déchirent et vont pire que des loups
Détruire la demeure. Au secours ! vous ! les Hommes !
Il est d'enchaîner les fous !

Sur les lambeaux de ma tunique,
Sur les forêts, les mers, il est temps de veiller.
Ne touchez surtout pas à mon voile Antarctique !
Puisse la peur vous éveiller !

Prenez garde à mon équilibre !
Entendez-vous gronder le feu des profondeurs ?
Ecouter de ma chair les plus secrètes fibres
Crier jour et nuit de douleur !

Je suis Gaïa, je suis la Terre,
De quelque immense tronc un organe vivant,
Fait de limon et d'eau, de gaz et de lumière,
Soumis aux lois du Tout-Puissant.

Je suis Gaïa, je suis la Mère
O mes fils, prenez soin du monde en devenir !
De vos Lampes invisible éclairant la Matière
Puisse un Printemps Nouveau fleurir !

C.F.

gaia_4