« Pourquoi, dit un enfant, ne vois-je pas reluire
Au ciel les ailes d’or des anges radieux ? »
La mère répondit avec un doux sourire :
« Mon fils ce que tu vois n’est que l’envers des cieux. »
Et l’enfant s’écria, levant son œil candide
Vers le divin lambris des palais éternels :
« Puisque l’envers des cieux, ô mère, est si limpide,
Oh ! que je voudrais voir l’autre côté du ciel ! »

Sur le vaste horizon, quand la nuit fut venue,
A l’heure où tout chagrin en un rêve s’endort,
Le regard de l’enfant se leva vers la nue
Et contempla l’azur semé de perles d’or.
Les étoiles au ciel formaient une couronne
Et l’enfant murmurait près du sein maternel :
« Puisque l’envers des cieux si doucement rayonne,
Comme je voudrais voir l’autre côté du ciel. »

L’angélique désir de cette âme enfantine
Monta comme un encens au céleste jour ;
Et lorsque le soleil vint dorer la colline,
L’enfant n’était plus là pour admirer le jour :
Près d’un berceau pleurait une femme en prière,
Car son fils avait fui vers le monde immortel,
Et de l’envers des cieux franchissant la barrière,
Il était allé voir l’autre côté du ciel.

Elise FUSILLET

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