Beaux goélands, hôtes fidèles !
Par un jour riant et vermeil,
Que j'aime à voir vos blanches ailes
Se déployer sous le soleil !

Que les vagues, gonflant leurs cimes,
Présagent des dangers nouveaux,
Comme l'homme sur les abîmes,
Vous vous endormez sur les eaux.

Si l'onde ne bat plus la grève,
Si l'air redevient calme et pur,
votre vol rapide s'élève,
Traçant des cercles dans l'azur.

Vers la plage la plus lointaine,
Suivant nos vaisseaux aux longs mâts,
Le même vent qui les ramène
Vous rend toujours à nos climats.

Nulle autre mer aussi chérie
Avos regards ne vient s'offrir ;
Notre port est votre patrie :
C'est là que vous voulez mourir.

Et bien ! restez sur nos rivages,
Libres, maîtres de votre sort...
Mais nous, jouets de tant d'orages,
Pourrons-nous mourir dans le port ?

P. O. (Bayonne)

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