Près du Gange sacré sur sa rive en aval
Est amassé le bois au parfum de santal
Pleuvant de tous côtés, les pétales de roses
Nous dérobent la vue de tes paupières closes.

Dans l'ultime instant, aurais-tu perçu Dieu
Oubliant sur ton front ce rayon lumineux ?
Mais soudain du bûcher, monte une vive flamme
Consumant la dépouille qu'a déserté son âme.

Tes restes par le feu détruits, purifiés,
Dans le courant de l'eau iront pétrifiés
Tandis que libéré sous une autre apparence
Ton esprit errera cherchant la connaissance.

Dans le temps aboli, née la félicité
Et toutes perfections en des vies successives
Au Nirvana reçu pour toute éternité
Partageant de tes dieux les éternels délices.

Yolande SETTEMBRE

Orientale