Toi qui brilles de loin comme une étoile filante,
Fleurs des bois, que tu plais à mon âme souffrante !
Ton regard est si beau, si perlé de fraîcheur,
Que ta vue est pour moi un rayon de bonheur ;
Avec le fier bleuet ta beauté rivalise,
Mais tu dis plus que lui dans ta simple franchise !
Ornement de nos près, emblème gracieux,
On voit dans ton oeil d'or comme un reflet des cieux.

Quand avril nous revient avec les pâquerettes,
Le chant du rossignol, les gentilles fauvettes,
Quand tout rit ici-bas et que Phébus vainqueur
Réjouit les humains de sa douce chaleur...
Alors tu reparais, petite fleur sauvage,
Car tu crains pour tes jours les autans et l'orage.
Caressés par zéphir, tes pétales charmants,
Autour d'un oeil doré forment des pleurs naissants !

Pour le coeur qui, courbé sous l'amère tristesse,
Fuit le bruit des cités et leur bruyante ivresse,
Tu souris, fleur d'amour, lui disant doucement
Ces mots, ces tendres mots, écho du firmament :
"A plaire aux vils humains ne mets pas ton étude,
Aime plutôt les champs, leur douce quiétude.
Là des rêves du ciel viennent avec bonheur,
Du Dieu saint et puissant révéler la grandeur !

Là près de l'herbe verte, à l'ombre de l'yeuse,
Tu pourras savourer une jeunesse heureuse ;
Là, loin des noirs soucis du monde séducteur,
Ta vie apparaîtra sous un jour enchanteur.
Écoute mes accents ; les champs sauront te plaire,
Près des fleurs, ignoré, comme moi solitaire,
Ta lyre goûtera, sous un beau ciel d'azur,
Paix, douce volupté et fraîcheur d'un coeur pur !"

Fleur Orientale

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