Aimons et plaignons la bergère ;
Elle est plus douce qu'un agneau,
Et nulle mieux qu'elle ne gère
La bergerie et son troupeau ;
Vaillante, elle sait le défendre
Quand, l'hiver, s'approchent les loups ;
Le pâtis qu'elle enseigne est tendre,
Tous les gardeurs en sont jaloux ;
Bien qu'elle n'ait pas quatorze ans,
Le sort ne la rend pas heureuse,
Elle a perdu tous ses parents,
Et n'avait que grand'mère au monde,
Devant l'avenir incertain.
Maintenant sa peine est profonde,
Car hélas ! depuis ce matin,
La bergère est toute seulette.
Grand'mère dort sous le gazon,
Et s'appuyant sur sa houlette,
L'enfant regarde l'horizon.

Lia FAIL

Num_riser0017