C'est un chien abrupt dans sa race,
C'est le premier de tous les chiens,
Première fois que dans l'espace
chien
Aboya ce qui n'était rien.
Il est tous les chiens à venir
Et les voudrait mener à bien,
Il est l'angoisse qui soupire
Tout en étant qu'un pauvre chien,
Il cache en lui tant de miracles
Qu'il pose un peu craintif les pattes
Sur le sol qui le porte au loin
Et si multiple qu'il en tremble,
Si fou de tout ce qu'il contient
Qu'on l'aperçoit sur une route
De plaine comme un chien courant,
Qu'on le retrouve saint-bernard
Sur le versant d'une montagne,
Près des moutons chien de berger
Et près des hommes chien de garde,
Il est toujours là qui regarde
Pour ne pas être un étranger.

Jules SUPERVIELLE