Regarde, ô Cérès la grande,
Danser la rustique bande
Des laboureurs assemblés
A la semence des blés.

Fais que le grain ne pourrisse
Par la pluie, et ne périsse
Par l'hiver trop avancé
Le sillon ensemencé.

Que la malheureuse avène*
Ne foisonne sur la plaine,
Ni toute autre herbe qui nuit
Au grain dont vient le bon fruit.

Qu'un fort vent mêlé de grêle
Ne renverse pêle-mêle
Le blé sur terre haussé
De telle fureur blessé.

Mais fais que le champ nous rende
Avec une usure grande
Les grains par nous enserrés
Sous les sillons labourés.

Joachim du BELLAY - *Avoine

laboureur