O lumineux matin, jeunesse des journées,
Matin d'or, bourdonnant et vif comme un frelon,
Qui piques chaudement la nature, étonnée
De te revoir après un temps de nuit si long.

Matin, fête de l'herbe et des bonnes rosées,
Rire du vent agile, oeil du jour curieux,
Qui regarde les fleurs, par l'ombre reposées,
Dans les buissons luisants s'ouvrir comme les yeux.

Instant salubre et clair, ô fraîche renaissance,
Gai divertissement des guêpes sur les thyms,
Tu écartes la mort, les ombres, le silence,
L'orage, la fatigue et la peur, cher matin.

Comtesse de NOAILLES

16mai2008_018