Doucement dans tes bras quand ma tête repose,
Quand mon coeur fait silence et se laisse bercer,
Quand ta main sur mon front, en l'effleurant se pose,
J'aime à laisser le temps courir et s'effacer.

D'ailleurs que compterait à ce moment une heure,
Une heure, une minute ou bien l'éternité ?
Que m'importe le temps si près de moi demeure
La suprême douceur de ta fidélité.

J'avais longtemps erré, sceptique et solitaire,
Me refusant l'espoir de rencontrer sur terre
Auprès d'un être aimé le repos du bonheur.

Je t'aime et dans tes yeux reflétant ma tendresse,
Je lis dans tes regards pâmés sous ma caresse,
Qu'il est doux de n'avoir pour nous deux qu'un seul coeur !

A. LEPELLETIER (Coutainville, 1921)

image15